Photographe italien enlevé en Afghanistan : l'ultimatum des ravisseurs

Publié le par Charlotte

La requête inattendue des ravisseurs de Gabriele Torsello, un photographe italien enlevé en Afghanistan jeudi 12 octobre, est un vrai coup dur pour les négociateurs. Les kidnappeurs ont exigé, mardi 17 octobre, le retour à Kaboul d'un Afghan converti au christianisme et réfugié en Italie, en échange de la vie de l'Italien. Les ravisseurs ont ajouté mercredi une nouvelle revendication : le retrait "de tous les soldats italiens" du pays. Cette demande a été diffusée par le site d'informations en ligne PeaceReporter.

Cet ultimatum de quatre jours, qui donne donc comme échéance la fin du Ramadan, est "évidemment absolument impossible à satisfaire", selon Maso Notarianni, le directeur de PeaceReporter. La deuxième requête que viennent de formuler les ravisseurs détruisent tous les espoirs d'une libération rapide de l'otage.

Mardi au soir, les kidnappeurs de M. Torsello ont fait connaître leurs exigences par un coup de téléphone au responsable de la sécurité d'un hôpital de Lashkar Gah, dans le sud de l'Afghanistan, gérée par une ONG italienne. C'est par ce même canal que le photographe avait appelé pour annoncer son enlèvement puis donner de ses nouvelle les jours précédents.

Coup de bluff

Très inquiet, le gouvernement italien active depuis lundi "tous les contacts, formels et informels" du photographe indépendant qui avait pourtant "été averti de la dangerosité de sa mission".  Reporters sans frontières (RSF) exprime aussi son inquiétude et a appelé à la mobilisation pour sa libération.

La revendication des ravisseurs a toutefois suscité un certain scepticisme. Pour Vauro, un caricaturiste célèbre en Italie, devenu porte-parole d'Emergency, "il s'agit d'un coup de bluff". Les ravisseurs cherchent "à se rendre crédibles auprès des talibans", souligne-t-il.

Le précédent enlèvement d'un ressortissant italien en Afghanistan, celui d'une coopérante, remonte à mai 2005. Elle avait été libérée après vingt-quatre jours de détention. Lors du procès de son ravisseur, en décembre, le procureur avait affirmé que ce dernier avait reçu 200 000 dollars (160 000 euros) de l'ambassade d'Italie à Kaboul.

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Publié dans Actualité

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