Projet de remise des peines controversé
Les députés italiens ont commencé à examiner lundi une loi réclamée de longue date visant à dépeupler les prisons du pays, mais des voix s'élèvent dans la majorité de centre-gauche pour que la criminalité en col blanc ne bénéficie d'aucune mesure de clémence.
Déposée par le petit parti de La Rose au Poing, membre de la coalition de centre-gauche de Romano Prodi, la proposition de loi prévoit une remise de peine de 3 ans pour tous les délits commis avant le mois de mai 2006, à l'exception des actes liés au terrorisme, à la mafia, à la pédophilie et aux violences sexuelles.
La majorité des formations de centre-gauche approuvent l'actuel projet, mais le parti Italie des Valeurs (IDV) de l'ancien magistrat Antonio di Pietro a déjà promis de nombreux amendements. Car la mesure bénéficierait aussi à ceux qui ont tenu les premiers rôles dans les récents scandales italiens, du krach financier Parmalat à l'affaire des matches truqués du Calcio, en passant par l'affaire des banques.
«La remise (de peine) peut-être appliquée aux désespérés qui sont dans les prisons, mais pas en faveur des petits malins de la finance et de la politique», a déclaré Antonio di Pietro, dont le parti refuse de voter le texte en l'état.
Si la coalition de centre-gauche au pouvoir jouit d'une confortable majorité à la Chambre des députés, elle a besoin à chaque vote de toutes ses voix au Sénat, car elle dispose de 158 élus contre 156 pour le centre-droit et les quatre sénateurs d'IDV risquent de faire la différence.
Cette mesure pourrait concerner «près de 20.000 personnes sur 62.000 dans les deux prochaines années», selon une estimation de l'association de défense des droits des détenus Antigone.
L'Italie n'a pas pris de mesure d'amnistie depuis 1990.
Selon les chiffres officiels, 62 000 personnes sont détenues dans le pays, alors que la capacité théorique des quelque 200 établissements pénitentiaires est limitée à 43 000 places.
source : dépêche de l'AFP