Le Premier ministre italien Romano Prodi attendu à Paris
La France et l'Italie devaient manifester mardi leur bonne entente retrouvée sur l'Europe et tenter de calmer le contentieux sur les fusions dans l'énergie, à l'occasion de la première visite à Paris du chef du gouvernement italien Romano Prodi.
Cette étape parisienne s'inscrit dans le cadre d'une tournée européenne de M. Prodi avant le sommet des 25 à Bruxelles, les 16 et 17 juin.
Mardi matin, il verra le chancelier autrichien Wolfgang Schuessel, président en exercice de l'Union européenne, avant de rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel mercredi à Berlin. A Paris, il aura un déjeuner de travail avec le président Jacques Chirac à l'Elysée puis un entretien avec le Premier ministre Dominique de Villepin.
C'est la première visite à Paris de Romano Prodi depuis la victoire de sa coalition de centre-gauche aux législatives d'avril sur Silvio Berlusconi. Celui-ci entretenait des relations houleuses avec Jacques Chirac, que ce soit sur la construction européenne ou la guerre en Irak. En revanche, le président français et l'ancien président de la Commission européenne (1999-2004) ont des relations décrites à Paris comme très cordiales.
Profitant de ce nouveau climat, les deux pays devaient insister sur leurs points d'accord, comme "l'Europe des projets" défendue aussi bien par Jacques Chirac que Romano Prodi pour relancer l'Europe après le fiasco de la Constitution européenne.
Alors que les 25 s'acheminent vers "une pause de réflexion" prolongée sur l'avenir du traité constitutionnel - rejeté par les Français et les Néerlandais - MM. Chirac et Prodi insistent tous deux sur la nécessité pour l'Europe de lancer sans attendre des "projets concrets", par exemple dans l'innovation, l'immigration ou l'énergie.
Ce dernier domaine a empoisonné, au cours des derniers mois, les relations franco-italiennes après le projet d'offre publique d'achat (OPA) de l'Italien Enel sur le groupe énergétique franco-belge Suez, une opération qui avait été dénoncée comme "hostile" et "purement financière" par Jacques Chirac.
Pour contrer les visées d'Enel, le gouvernement français a encouragé le mariage de Suez et du groupe public Gaz de France. Mais le sort de cette alliance apparait incertain: elle est vivement contestée au sein même de la majorité, même si Dominique de Villepin s'est redit "déterminé" à la mener à bien. Du côté italien, Enel aurait aussi assoupli sa position, renonçant à son OPA et privilégiant désormais un accord avec Suez pour une cogestion de sa filiale belge Electrabel, selon le quotidien économique Les Echos.
Le ministre du Développement économique Pierluigi Bersani a en tout cas joué l'apaisement, à l'issue d'une réunion la semaine dernière à Luxembourg avec le ministre français de l'Industrie François Loos, en affirmant à la presse italienne que, "dans le cadre de bonnes relations" italo-françaises, "il est possible de trouver des solutions satisfaisantes pour tout le monde".
Il avait indiqué qu'une nouvelle rencontre avec M. Loos était prévue après les entretiens de M. Prodi à Paris.
source : dépêche de l'AFP