L'Italie, désabusée, hésite à soutenir son équipe

Publié le par Charlotte

Les supporters et les médias italiens, désabusés par le scandale de corruption présumée touchant leur championnat, sont divisés sur l'opportunité de soutenir leur équipe nationale pour son entrée en lice dans la Coupe du monde, face au Ghana ce lundi soir.

Le quotidien La Repubblica identifie trois catégories de supporters: ceux restés fidèles à la Squadra Azzura; ceux soutenant les adversaires de l'Italie; et ceux ayant tout simplement renoncé à suivre le Mondial.

A la tête des "anti", le journal d'extrême droite La Padania, proche de la Ligue du Nord, souhaite purement et simplement un retour précoce des joueurs italiens. "J'espère qu'ils seront rapidement éliminés. Ils sont arrogants, indignes", écrit ce journal régionaliste en "une". "La sélection nationale est le reflet d'un environnement sportif malsain."

Une fois n'est pas coutume, le journal de gauche Il Manifesto se trouve dans le même camp que La Padania. Il adresse un message simple à ses lecteurs: "Soutenez les Africains".

Même la presse spécialisée fait preuve d'une réserve inhabituelle dans son soutien à la sélection nationale. "Après avoir gâché deux (Coupes du monde) consécutives en France puis au Japon, nous devrions attacher la plus grande attention à celle-ci en Allemagne", rappelle le Corriere dello Sport dans un éditorial de "une". "Pour de nombreuses raisons, l'Italie doit, encore plus que d'habitude, accomplir un bon tournoi pour promouvoir son football". "D'abord, il y a la nécessité collective de nous blanchir après ce scandale déshonorant. Puis il y a le désir de redécouvrir le plaisir du football et de le célébrer, loin des trahisons et des déceptions."

La Gazzetta dello Sport, pour sa part, n'insiste pas seulement sur le scandale des présumés matches arrangés. Elle rappelle également la suspension de Francesco Totti à l'Euro2004, après un crachat sur le Danois Christian Poulsen. Le quotidien aux pages roses invite les joueurs italiens à se comporter en modèles de fair-play pour redorer le blason terni de leur équipe nationale. "On ne peut pas prétendre que l'on va simplement jouer au football en faisant semblant d'oublier ce qui s'est passé ces dernières semaines", insiste la Gazzetta. "Les caméras de télévision du monde entier seront braquées sur chaque tacle, sur chaque geste."

source : Nouvel Observateur

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