17ème étape: Piepoli sans Corones
Leonardo Piepoli s’est offert une seconde victoire d’étape sur ce Giro en devançant son prestigieux compagnon d’échappée, Ivan Basso, qui conforte si besoin était son Maillot Rose. Seul regret, l’étape ne s’est pas conclue au Plan de Corones comme prévu en raison de conditions dantesques.
Au moment de l’annonce du parcours de ce Giro 2006, tous les observateurs avaient souligné avec une certaine pointe d’excitation cette 17e étape et cette arrivée en haut de l’effrayant et inédit Plan de Corones. Avec ses pentes dépassant par endroit les 20% et son final sur des routes en terre, cette imposante escalade aurait difficilement plus mal choisir son nom et représentait, au lendemain de l’ascension du mythique du Monte Bondone, un deuxième sérieux obstacle sur la route d’un peloton réduit à 165 hommes. Malheureusement, les conditions atmosphériques, mêlant neige et pluie, allaient en décider autrement. En effet, pour des raisons de sécurité évidentes, les organisateurs décidaient, la mort dans l’âme, de raccourcir l’étape de 5 kilomètres, soit la distance entre le Passo di Furcia, nouveau lieu de l’arrivée, et le fameux Plan de Corones, qui restera donc au moins une année de plus inviolé.
Basso vraiment insatiable ?
Auteur d’une impressionnante démonstration la veille qui lui avait permis de s’offrir enfin un succès d’étape avec le Maillot Rose sur le paletot, Ivan Basso était au cœur de toutes les interrogations ce mercredi matin. Après avoir assommé tous ses adversaires et pris une option quasi définitive sur la victoire finale sur les pentes du Monte Bondone, l’Italien allait-il lever un peu le pied en vue de ses prochaines échéances, à commencer évidemment par le Tour de France ? Ou bien le coureur de la CSC allait-il continuer à exercer une domination implacable sur ce Giro et chercher à s’offrir un 3e succès d’étape ? A cette épineuse question pour ses rivaux, Basso rétorquait au micro des journalistes, sur un ton posé et dénué de la moindre arrogance : «Je ne crois pas que j’ai des cadeaux à faire. Je n’ai pas suffisamment gagné de courses dans ma carrière, alors quand l’occasion se présente, je veux la saisir.» Une note d’intention que le Transalpin n’allait pas pourtant donner réellement l’impression de vouloir mettre à exécution sur les pentes de la dernière ascension de la journée.
Poilvet prend l’air
Après la longue échappée initiale du tandem franco-italien Poilvet-Cioni, qui s’offrait une belle escapade d’une centaine de kilomètre environ avant de se faire reprendre au pied du Passo di Furcia, l’explication pouvait en effet commencer. Timidement d’abord, ce qui était certainement dû au froid régnant dans le massif des Dolomites. Puis de manière plus énergique ensuite, sous l’impulsion d’un Piepoli visiblement dans une forme étincelante. Le petit grimpeur de la Saunier Duval, déjà vainqueur de la 13e étape, préparait-il le terrain pour son leader Simoni ? Rien n’était moins sûr. Toujours est-il que son accélération entraînait la chute de Savoldelli, une nouvelle fois en difficulté et qui voyait s’envoler sa 3e place au général. Puis c’était au tour de Gutierrez de tenter de surprendre le Maillot Rose. L’Espagnol de la Phonak voyait sa tentative échouer et quatre hommes se retrouvaient ainsi en tête : Basso, Piepoli, Gutierrez et l’inattendu Perez Cuapio, le seul à avoir gardé son anorak pour la montée.
Piepoli sans contestation
Quatre, puis deux à un peu plus d’un kilomètre de l’arrivée lorsque Piepoli et Basso s’isolaient pour la victoire. Un succès que le Maillot Rose n’allait pas véritablement tenter d’arracher à son compagnon d’escapade, qui n’avait pas hésité à collaborer. Une récompense somme toute logique pour le travail fourni par Piepoli, qui n’est pas sans rappeler le style d’un certain… Lance Armstrong, référence avouée du Transalpin. Derrière les deux hommes, Gutierrez limitait une nouvelle fois la casse à 15 secondes, alors que le grand perdant se nommait donc Savoldelli, qui perdait sa place provisoire sur le podium. Dans le camp tricolore, John Gadret prenait la 6e place de l’étape et Casar, en difficulté au début de la montée, trouvait son rythme au fur et à mesure pour conserver sa 7e place au général, devant un Cunego un peu mieux que les jours précédents. Comme quoi, il y avait bien un petit coin de ciel bleu ce mercredi sur le Giro.
source : Sport 24