Tre cavalli (Trois chevaux) - Erri De Luca - 1992
Le narrateur a suivi une femme en Argentine par amour autrefois. Là-bas il a rencontré la guerre civile, une horrible répression, des souvenirs terribles. Sa bien-aimée fut tuée, et lui-même dut fuir jusqu'à retrouver son pays, l'Italie.
Là, il s'est fait engager comme jardinier par un de ses anciens camarades. Il y vit une existence réglée entre ses plantes et la bar du quartier où il prend tous ses repas du midi.
Un jour, il y rencontre Leila. Leila va avec tous les hommes, mais miraculeusement, malgré ses 50 ans, elle le remarque. Et commence alors une deuxième histoire d'amour pour lui, qu'il sait apprécier désormais au jour le jour, sachant que sa fin n'est plus si éloignée.
Toujours aussi poétique, l'écriture de De Luca. J'avais cependant préféré Tu, mio, peut-être plus proche de moi.
Ici, on entre complètement dans l'esprit du personnage. Il nous raconte alternativement des épisodes de sa vie présente, et des tranches de souvenirs de sa vie sous la dictature argentine ou en pleine guerre des Malouines. Malgré ses 50 ans et sa vie épuisante, son esprit est encore vif et attirant, mais il a acquis la sagesse, peut-être plus que les autres après les périodes chargées d'Histoire qu'il a traversé.
Le titre, Trois chevaux, vient d'une expression du livre disant qu'un homme vit le temps de trois chevaux. Le narrateur lui, en a déjà vécu deux et est en train de vivre son troisième.