16ème étape: La balade de Basso

Publié le par Charlotte

Sur le mythique Monte Bondone, Ivan Basso a réalisé une nouvelle démonstration de son immense talent en larguant littéralement tous ses adversaires. L’Italien conforte ainsi encore davantage son Maillot Rose, tandis que John Gadret fait à nouveau briller les couleurs françaises.

Après l’étape de transition de la veille qui aura permis à Paolo Bettini de renouer avec la victoire et de reprendre quelques couleurs avec son maillot cyclamen sur les épaules, le 16e acte de ce Giro 2006 lançait le véritable début d’une dernière semaine de folie pour les 166 coureurs encore en lice. En effet, d’ici Milan, Ivan Basso et ses collègues vont devoir s’avaler successivement l’inconnu et inquiétant Plan de Corones, puis les plus ou moins ardus Fedaia, Pordoi, Passo di San Pellegrino, Tonale, Gavia et pour finir le terrible Mortirolo. Un enchaînement de difficultés dantesque qui débutait donc ce mardi avec la seconde arrivée en haute altitude, du côté de Vason, après l’escalade du mythique Monte Bondone. Mythique car il y a tout juste 50 ans, Charly Gaul remportait une étape restée dans les mémoires car disputée dans des conditions épouvantables, entre pluie, neige et bourrasques de vent. Un déchaînement des éléments naturels que le Luxembourgeois avait bravé presque incrédule, forgeant à la fois sa légende et celle du col des Dolomites. Et si ce mardi les conditions étaient infiniment plus clémentes, beaucoup de coureurs aspiraient à prendre la succession de Gaul.

Simoni chez lui

A commencer par Ivan Basso, qui rêvait ouvertement de remporter une étape avec le Maillot Rose sur les épaules afin de définitivement saper le moral de ses adversaires, déjà fortement éprouvés par la démonstration du coureur de la CSC sur les pentes du Passo Lanciano et surtout celles du San Carlo. Autre candidat déclaré à la victoire d’étape, Gilberto Simoni, qui jouait à domicile, dans un col qu’il connaissait comme sa poche. Surtout, avantage involontaire en faveur du Transalpin, ses huit minutes de retard sur le Maillot Rose n’en faisait pas la menace principale pour un Basso jusqu’ici d’une sérénité impressionnante. Tout comme Rubiano Chavez, 99e au général ce matin à 1h15 du leader au classement général et premier homme à se lancer à l’attaque au pied de la côte de Lodrino, classée en 3e catégorie. Seul souci pour le Colombien de la Panaria, son offensive ne recevait le soutien de personne et du coup, il se retrouvait parti pour une grande escapade solitaire… et suicidaire. Car avec encore 130 bornes à couvrir, le Sud-Américain ne pouvait guère nourrir de fous espoirs. Surtout que le peloton ne semblait pas disposer à lui laisser une avance énorme, puisque celle-ci culminait au maximum aux alentours des 5 minutes. Pas de quoi rêver donc, ni même d’arriver en tête au pied du Bondone puisque Chavez se faisait reprendre à 3 kilomètres du début de la montée.

John Gadret parmi les meilleurs

Un début très costaud, avec des pentes tout de suite impressionnantes qui faisaient immanquablement exploser le peloton. Très vite d’ailleurs celui-ci se réduisait à une trentaine de membres. Puis une quinzaine lorsque Carlos Sastre prenait la direction des opérations pour son leader de la CSC. Parmi les premiers soi-disant favoris à disparaître, on retrouvait notamment l’habitué Ullrich, ainsi que les décevants Di Luca, Cunego et Savoldelli, une nouvelle fois incapables de suivre dès que la pente s’élève. Sentant la bonne opération possible au classement général, Simoni décidait alors de durcir la course par l’intermédiaire de son fidèle lieutenant, Leonardo Piepoli. La première accélération de l’Italien ne laissait plus que 7 coureurs en lice pour la victoire d’étape, dont le Français John Gadret, qui confirmait ses superbes dispositions après sa belle performance sur le San Carlo. La seconde, elle, s’avérait fatale pour tout le monde sauf… Ivan Basso. En effet, les Saunier Duval allaient se retrouver pris à leur propre piège lorsqu’ils tentaient de prendre la poudre d’escampette conjointement. Mais malheureusement pour eux, qui avaient au moins eu le mérite de tenter quelque chose, le Maillot Rose était tout simplement trop fort. Sans forcer, il revenait à leur hauteur avec Gutierrez dans la roue. Avant de faire exploser son dauphin et Piepoli, emmenant au train sur son porte-bagage Simoni.

Basso assomme tout le monde

On pensait alors assister à un fabuleux duel. On eut droit en fait à une mise à mort. Toujours bien calé sur sa selle, Basso haussait le rythme, lentement mais surement, et le rictus de souffrance de Simoni ne trompait pas. Sans surprise, le coureur de la CSC s’envolait donc vers le succès d’étape qu’il appelait de ses vœux, lâchant son dernier accompagnateur à un peu plus de 6 kilomètres du sommet. Mais alors que l’on aurait pu croire qu’il essaierait d’en garder un peu sous la pédale, le Transalpin ne faiblissait pas une seconde et sur la ligne, les écarts étaient considérables. A 1’26 pointait Simoni, victime d’un gros coup de mou dans les derniers hectomètres. Juste derrière, Piepoli s’arrachait au sprint pour priver Gutierrez des 8 secondes de bonification. Une minute plus tard, c’était au tour de John Gadret de franchir la ligne avec à la clé une magnifique 5e place. Sandy Casar, lui, parvenait à sauver les meubles en ne cédant qu’une place au général, au leader par défaut de la Liquigas, Pellizotti. Et derrière, les dégâts faisaient peine à voir pour les Savoldelli, Di Luca et autre Cunego, relégués loin, si loin d’un Ivan Basso rayonnant. Le Giro 2006 a définitivement trouvé son maître. Mais va-t-il seulement lever le pied dans les prochains jours en vue du prochain Tour de France ?

source : Sport 24

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Publié dans Sport-Cyclisme

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