12ème étape: Cétait le jour dHorrach
Joan Horrach a enlevé la 12e étape du Giro entre Livourne et Sestri Levante. Le coureur espagnol a profité d’une double chute des deux leaders de la course à quelques kilomètres de l’arrivée pour signer la plus belle victoire de sa carrière.
Le lendemain d’une inattendue victoire de Jan Ullrich dans le contre-la-montre individuel, le peloton du Tour d’Italie reprenait la direction des pentes escarpées. Un tracé de 171 km entre Livourne et Sestri Levante qui devait permettre aux sprinteurs de s’illustrer une fois encore. A moins qu’un risque-tout ne profite du relief accidenté en fin d’étape avec le franchissement du Passo del Braco et de certains de ses passages à 8%.
Le peloton s’endort
Et c’est bien la deuxième option qui a souri à Joan Horrach, le coureur de l’équipe Caisse d’Epargne, que personne n’attendait à pareille fête ce vendredi. L’Espagnol a réussi, dès le début de l’étape, à prendre le bon wagon dans une échappée composée de 15 coureurs. Sur le plat et profitant de l’apathie du peloton, l’avance des fuyards s’est accrue à vitesse grand V. L’attaque était d’autant plus efficace que dans les échappés, aucun des coureurs ne pouvait faire de l’ombre au Maillot Rose, Ivan Basso. La CSC laissant filer et les équipes de sprinteurs se montrant peu inspirées, l’écart entre les leaders et les poursuivants montait jusqu’à 6’40’’ alors que les contreforts des premières difficultés du jour pointaient le bout de leur nez.
Les trois Français lâchent
Et avec les premiers pourcentages de montée, le groupe de tête perdait peu à peu quelques unités, à l’image des trois Français qui avaient flairé le bon coup en s’engageant dans l’échappée. William Bonnet (Crédit Agricole), Mickael Delage (Française des Jeux) et Arnaud Labbe (Bouygues Telecom) lâchaient prise à 50 bornes de l’arrivée. Derrière, le peloton emmené par la CSC, et notamment Bobby Julich, imprimait un rythme assez tranquille qui permettait aux onze rescapés aux avant-postes d’envisager sérieusement la victoire.
Comme prévu, c’est lors de la montée du Passo del Braco, dernière difficulté du jour que le groupe de tête explosait. Sur des pentes qui allaient mettre en difficulté la plupart des rouleurs un peu plus tard mais aussi certaines grosses pointures comme Serhiy Honchar (T-Mobile), incapable de suivre le train du peloton, six hommes faisaient le trou. Wladimir Belli (Selle Italia), Fortunato Baliani et Emanuele Sella (Panaria), Joan Horrach (Caisse d'Epargne), Manuele Mori (Saunier Duval), Addy Engels (Quick Step) basculaient ensemble, avec 30 secondes d'avance sur le reste de l'échappée. A dix kilomètres de l’arrivée deux hommes parvenaient ensuite à fausser compagnie au groupe alors formé. En collaborant étroitement, Sella et Mori comptaient une poignée de secondes d’avance jusqu’ à ce qu’un virage serré ne viennent redistribuer les cartes.
Double chute à l’avant
Les deux hommes, surpris par une courbe partaient à la faute. Mori passait carrément au-dessus de la balustrade et terminait dans le bas-côté. Quelques secondes plus tard, les deux ex-leaders repartaient mais entre temps, le quatuor avait pris les devants. Et l’infortune se répétait quelques minutes plus tard pour les deux Italiens qui mordaient une nouvelle fois la poussière dans un virage ! Malgré une énorme débauche d’énergie pour revenir dans les ultimes hectomètres, le malheureux duo devait se contenter de jouer les places d’honneur et laissait Joan Horrach signer la plus belle victoire de sa carrière. Parti 500 mètres après la flamme rouge, le coureur ibérique s’impose finalement devant Sella et Mori. Le peloton ne ralliait la ligne blanche que sept minutes plus tard. Sans Serhiy Honchar, irrémédiablement lâché dans la dernière difficulté du jour, mais avec Ivan Basso, plus que jamais porteur du Maillot Rose avec 2’48’’ d’avance sur Gutierrez.
source : Sport 24