10 ème étape: Le bon coup de Pellizotti
En débordant Axel Merckx à quelques encablures de l’arrivée, Franco Pellizotti a remporté la 10e étape du Giro. Surtout, l’Italien opère un superbe rapproché au général, derrière un Ivan Basso serein. Dommage en revanche pour les Français, très offensifs ce mardi.
Après l’étape de transition de la veille et ses 127 km, la 10e étape offrait, elle, un plat de résistance plus copieux aux 187 coureurs encore en course. Avec ses multiples petites côtes et l’ascension du Monte Sant’Angelo, col de 3e catégorie situé à 60 bornes de l’arrivée, ce 10e acte présentait en tout cas un profil idéal pour les baroudeurs en quête d’un succès pour l’instant trusté par les sprinteurs. Ou alors pour certains favoris qui souhaiteraient tendre un piège au Maillot Rose, jusqu’ici serein, d’Ivan Basso. Avec un nom revenant sur toutes les lèvres au départ, celui de Danilo Di Luca, qui s’était imposé à Peschici en 2000. En difficulté sur les pentes du Passo Lanciano dimanche, le coureur de la Liquigas devait certainement avoir des fourmis dans les jambes. Seul souci, ses adversaires en avaient parfaitement conscience et les chances de le voir obtenir un bon de sortie étaient donc infimes. Ce qui n’allait pas embêter plus que cela une formation transalpine trouvant en Franco Pellizotti une magnifique solution de remplacement…
Des Français dans tous les bons coups
Mais avant de remporter l’emballage final sur les pentes de la cité des Pouilles, Pellizotti avait dû faire preuve d’une impressionnante abnégation. En effet, après une première tentative avortée d’une vingtaine de coureurs en début d’étape, une seconde se lançait après 50 kilomètres parcourus. A l’initiative de celle-ci, on retrouvait sept hommes, dont deux Français, Hubert Dupont d’AG2R et Andy Flickinger de Bouygues Telecom, et un certain Carlos Sastre, coéquipier d’Ivan Basso à la CSC. Le mieux classé de ce groupe de fuyards étant Dupont à plus de 20 minutes du Maillot Rose, ce coup sentait bon. A tel point que de nombreux contre-attaquants venaient s’adjoindre à eux pour former une belle petite réunion de famille d’une vingtaine de membres à nouveau, représentant au total 15 équipes. Autant dire que derrière, le peloton, emmené au train par la Lampre, ne semblait pas pressé de revenir. Parmi les retardataires ayant opéré la jonction de dernière minute, on citera les noms d’Axel Merckx, et de deux coureurs de la Liquigas, alias Wegelius et Pellizotti donc, qui auront dû unir leurs efforts pour recoller. Dès lors, l’écart grimpait vite pour culminer autour des 6 minutes à 70 kilomètres de l’arrivée. Avant de fondre très rapidement par la suite, notamment après le Monte Sant’Angelo où le Français d’AG2R, Sylvain Calzati, s’offrait le luxe de passer en tête.Merckx, si près et si loin
Ce qui devait le galvaniser puisque dans la foulée, il allait porter successivement deux attaques qui faisaient réagir le groupe de tête. Et ouvraient le terrain pour son équipier Dupont, qui essayait lui aussi de prendre la poudre d’escampette, preuve de l’excellente santé actuelle de l’équipe AG2R déjà vainqueur la veille avec Vaitkus. Mais aucune de ces tentatives n’étaient couronnées de succès et à moins de 20 kilomètres du but, le groupe était de nouveau compact. Pas pour longtemps cependant puisque dans une descente, Axel Merckx réalisait un petit numéro pour fausser compagnie à ses collègues. Une offensive tranchante de la part du Belge de la Phonak, qui prenait très vite une quinzaine de secondes d’avance. Un avantage qu’il conservait jusqu’à la flamme rouge et le début de l’ascension vers Peschici. Pas excessivement dure, celle-ci s’ornait néanmoins de pentes moyennes à 7%. Suffisantes pour stopper le bel élan de Merckx, qui se mettait soudainement à piocher. Derrière, cela revenait. D’abord lentement. Puis beaucoup plus rapidement lorsque Pellizotti amorçait un contre à 500 mètres de la ligne. Toujours devant, Merckx s’accrochait vaille que vaille. Mais à 200 mètres de l’El Dorado, le Belge était débordé pour le compte par l’Italien, intouchable et qui s’octroyait la première étape de sa carrière sur le Giro. Tout en réussissant une superbe opération au classement général, où il remonte à la 4e place, à deux minutes à peine d’Ivan Basso, qui aura vécu une nouvelle journée tranquille. A moins que les Liquigas, qui sont désormais deux dans les sept premiers (avec Di Luca), ne viennent perturber son sommeil lors des prochains jours…