Berlusconi invoque un vieux mystère pour hanter Prodi en Italie

Publié le par Charlotte

A dix jours des législatives italiennes, Silvio Berlusconi s'est efforcé vendredi de dépoussiérer un mystère vieux de 28 ans, autour de la mort de l'ancien président du Conseil Aldo Moro, espérant qu'il vienne à nouveau hanter le centre-gauche de Romano Prodi, favori du scrutin.

L'actuel chef du gouvernement, qui brigue un nouveau mandat, a ainsi rappelé aux électeurs la séance de spiritisme à laquelle Prodi dit avoir participé en 1978, qui avait donné lieu à des révélations troublantes sur le lieu de détention d'Aldo Moro.

Mal interprétées, les informations transmises de l'au-delà n'ont pu être exploitées par la police et le corps du président du Conseil, exécuté par les Brigades rouges, avait été retrouvé deux mois plus tard dans le coffre d'une voiture.

D'aucuns pensent que Prodi a obtenu l'information de vive voix et qu'il a inventé cette séance de spiritisme pour préserver ses contacts.

"Nous nous trouvons face à deux possibilités", a déclaré Berlusconi devant les caméras d'une chaîne appartenant à Mediaset, son propre empire médiatique. "Soit il mentait, et un homme qui ment ne peut prétendre gouverner un pays, soit il a (réellement) pris part à un séance de spiritisme."

"Je laisse aux Italiens le soin de décider s'il veulent livrer le pays à quelqu'un qui, lorsqu'il a un problème à régler, s'assoit à un guéridon pour demander l'aide des esprits", a poursuivi le chef du gouvernement.

L'intéressé, que ces propos ont laissé sans réaction, a déclaré devant une commission d'enquête parlementaire sur l'assassinat de Moro, qu'il avait assisté par jeu à cette fameuse séance de spiritisme, en compagnie de collègues universitaires.

A leur grande surprise, l'esprit d'un chrétien démocrate s'est manifesté, a-t-il raconté. Les membres de l'assistance se sont alors entendus pour lui demander où les ravisseurs d'Aldo Moro le détenaient-ils et après avoir mentionné plusieurs lieux, l'esprit a formé le mot "Gradoli".

Dans un premier temps, personne n'en comprit la signification. Puis, les amis de Prodi découvrir que ce nom était celui d'un village des abords de la capitale.

L'information finit par arriver aux oreilles des carabiniers qui investirent les lieux en vain, une semaine plus tard. Il s'avéra après la mort de Moro qu'il était détenu dans un immeuble de la via Gradoli, à Rome.

Malgré les doutes, Prodi a toujours maintenu cette version.

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Publié dans Elections avril 2006

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