Résultats officiels des élections prévus au plus tard pour jeudi
La cour de Cassation italienne devrait proclamer les résultats officiels des législatives des 9 et 10 avril au plus tard jeudi, écrivait mardi La Repubblica, tandis que selon le Corriere della Sera le verdict pourrait tomber "dès mardi soir" ou "mercredi".
Depuis la contestation par Silvio Berlusconi de la victoire de son adversaire Romano Prodi, donné vainqueur selon les résultats publiés par le ministère de l'Intérieur, l'Italie est dans l'attente de leur vérification exigée par la coalition du chef du gouvernement.
Mardi, les cinq juges de l'office électoral central de la cour de Cassation procéderont à l'ultime vérification des procès-verbaux et des bulletins contestés, qui auront déjà été passés au crible par les cours d'Appel du pays sur la base de 26 circonscriptions électorales.
Quelques cours d'appel du sud du pays n'ont pas encore fait parvenir leurs procès-verbaux, mais elles devraient le faire dès mardi matin, estime La Repubblica. "Le verdict, parce qu'il s'agit à présent de savoir qui a gagné les élections, est prévu pour demain, au plus tard pour après-demain", indique le quotidien. Pour Il Corriere della Sera, le plus gros tirage de la Péninsule, la validation officielle des résultats pourrait même "être annoncée dès mardi soir" ou "mercredi".
Selon le Corriere, la cour de Cassation n'a pas encore été saisie par l'ancien ministre des Réformes, Roberto Calderoli, qui a soulevé durant le week-end une nouvelle contestation des résultats. M. Calderoli, membre du parti populiste de la Ligue du Nord, a assuré que les 45.580 voix qui se sont portées sur une liste locale en Lombardie ne pouvaient être créditées à la coalition de centre-gauche. Mais le bien-fondé de sa démarche a été rejeté par plusieurs spécialistes de droit constitutionnel.
En tout état de cause, la route est encore longue avant que le chef de la coalition de centre-gauche s'installe au "Palazzo Chigi", le siège du président du conseil. Une fois proclamés les résultats, les deux chambres du Parlement devront en effet se réunir à partir du 28 avril. A l'ordre du jour: l'élection de leurs présidents, puis celle d'un nouveau président de la République pour succéder à Carlo Azeglio Ciampi, 84 ans, dont le mandat arrive à expiration le 16 mai.
C'est le président qui nomme le chef du gouvernement et M. Ciampi a toujours dit qu'il laisserait ce soin à son successeur, même si certains médias imaginent un scénario où il accepterait de prolonger son mandat d'un an ou deux pour assurer la transition en douceur. Les tractations pour la répartition des postes ont donc commencé parmi les vainqueurs virtuels, mais à l'ombre des manoeuvres et pressions de Silvio Berlusconi qui, dans l'hypothèse d'une défaite officielle, a lancé l'idée de négociations entre les deux coalitions.
Depuis la Sardaigne, il a déclaré ce week-end que "sans l'ouverture d'un dialogue entre le centre-droit et le centre-gauche sur certains sujets prioritaires pour le pays, comme l'élection du nouveau chef de l'Etat, l'agenda économique et la question irakienne", la droite serait contrainte à "une opposition dure et rigoureuse, sans avantage pour personne". Son argument force est que chacune des deux coalitions représente la moitié du pays. Mais Romano Prodi, qui y voit une tentative de délégitimation de la victoire du centre-gauche, refuse pour l'instant toute ouverture en ce sens.
Cependant certains de ses alliés s'activent en sous-main pour élargir la marge de manoeuvre de sa coalition et trouver au moins un consensus sur le nom du président. Le Corriere della Sera a évoqué dimanche une rencontre secrète, dans un village des Pouilles (sud), entre Massimo d'Alema, le président du parti des Démocrates de gauche (DS, ex-communistes, le principal parti de gauche) et Pier Fernandino Casini, le chef de l'UC, petit parti centriste allié à Silvio Berlusconi. L'entourage des intéressés a démenti, sans tout à fait convaincre.
source : dépêche de l'AFP