Silvio Berlusconi dans la tourmente à un mois des législatives
"Le chef du gouvernement italien a vécu un vendredi noir, le 10 mars, avec la démission annoncée de son ministre de la santé et la demande de l'ouverture d'un procès pour corruption à son encontre.
En milieu de journée, le parquet de Milan a demandé le renvoi en justice de Silvio Berlusconi et de l'avocat britannique David Mills pour "corruption en actes judiciaires", une requête qui équivaut à une inculpation en Italie et constitue la dernière étape avant la fixation d'un éventuel procès par un autre juge.
Le parquet a estimé avoir suffisamment d'éléments pour démontrer qu'un virement de 600 000 dollars effectué en 1997 par la Fininvest, la holding de la famille Berlusconi, sur un compte bancaire ouvert au nom de David Mills, a servi à soudoyer l'avocat pour qu'il livre de faux témoignages dans deux procès intentés à la fin des années 1990 à Silvio Berlusconi.
UNE AFFAIRE D'ESPIONNAGE POLITIQUE TOUCHE SON MINISTRE DE LA SANTÉ
Après son inculpation, Silvio Berlusconi a dû affronter, vendredi après-midi, un autre coup dur, avec la démission de son ministre de la santé, mis en cause dans une affaire d'espionnage. Francesco Storace, un des dirigeants d'Alliance nationale (droite conservatrice), a présenté sa démission deux jours après que plusieurs médias italiens eurent révélé que son entourage avait tenté d'espionner Alessandra Mussolini et Piero Marazzo, ses adversaires aux élections pour la présidence de la région de Rome (Latium) en avril 2005.
"Le simple soupçon que j'aie pu orchestrer une manœuvre politique contre les adversaires politiques me fait mal et m'indigne. Je ressens le droit de savoir la vérité dans les délais les plus brefs, parce que rien n'est plus important que mon honneur personnel et politique", a expliqué Francesco Storace. M. Storace a également invoqué "le devoir de ne pas exposer [sa] famille politique et [son] gouvernement" aux attaques de la coalition de centre-gauche.
Cette défection d'un ministre est la deuxième que doit subir Silvio Berlusconi après la démission, le 18 février, du ministre des réformes, Roberto Calderoli, qui s'était distingué par des propos racistes, des critiques contre l'islam, et avait choqué en arborant un T-shirt portant des caricatures controversées du prophète Mahomet."
source : Le Monde