Le gouvernement italien interdit 13 des 18 stades du Calcio aux spectateurs
Après les tragiques évènements de vendredi dernier lors du match Palerme-Catane, le gouvernement italien a pris une décision sévère et courageuse pour sauver le football italien : les matchs se joueront désormais à huis clos pour la plupart (dans tous les stades ne respectant pas les normes strictes de sécurité).
| Le gouvernement italien a annoncé, lundi 5 février, que seuls les stades répondant aux normes de sécurité pourront accueillir des spectateurs. Les matchs qui auront lieu dans les autres stades auront lieu à huis clos. Cette décision s'inscrit dans un ensemble de mesures visant à renforcer la sécurité, après les violents affrontements qui ont causé la mort d'un policier et fait 70 blessés vendredi soir au stade de Catane, en Sicile. Une décision devrait être prise d'ici à jeudi concernant la reprise des compétitions, a annoncé le commissaire extraordinaire de la Fédération italienne de football (FIGC), Luca Pancalli. "Techniquement, cela laissera suffisamment de temps pour reprendre le championnat le week-end prochain", a-t-il dit. M. Pancalli s'est dit optimiste sur le fait que "tous les acteurs impliqués dans le football auront la maturité nécessaire pour accepter ces nouvelles règles et participeront à la refonte de l'avenir du football italien". Seules cinq enceintes sportives de Série A sur dix-huit sont actuellement en conformité avec les normes de sécurité, d'après le sous-secrétaire d'Etat à la justice, Luigi Scotti. Il s'agirait de celles de Rome, Turin, Milan, Palerme et Sienne, précise L'Equipe. Cinq autres sont susceptibles d'être prochainement homologuées. Les mineurs interdits de stadeLe ministre de l'intérieur, Giuliano Amato, a précisé que la vente groupée de billets pour les supporters d'une équipe en déplacement sera supprimée. Les pouvoirs des forces de l'ordre seront élargis : les policiers auront désormais le droit de procéder à des arrestations sans mandat jusqu'à quarante-huit heures après un incident lié au football. Quant au système permettant de frapper d'interdiction de stade des supporters coupables de violences, il sera élargi aux moins de 18 ans. Le gouvernement a aussi prévu mercredi un conseil des ministres extraordinaire, consacré à la lutte contre la violence dans les stades. Le stade de Catane ne devrait plus accueillir de spectateurs avant longtemps. C'est là que Filippo Raciti, un policier de 38 ans qui tentait de mettre fin à des heurts entre supporters, a trouvé la mort vendredi en marge du derby sicilien Catane-Palerme, en match avancé de la 22e journée de Série A. Dans un message adressé à la famille du policier, le chef du gouvernement, Romano Prodi, déplore "le sacrifice de [cet] époux et père (...), [qui] a choqué et ému l'Italie". "Mourir un jour de fête, lors d'un événement sportif que plusieurs dizaines de criminels ont transformé en guérilla, est (...) encore plus absurde", ajoute M. Prodi. Le pape Benoît XVI a condamné les violences "qui entachent le monde du football". Filippo Raciti est la treizième personne tuée depuis 1962 dans ou autour d'un stade de football italien. |
Des milliers de personnes ont assisté, lundi, à Catane, à ses funérailles, retransmises en direct à la télévision. Dans tout le pays, des Italiens se sont arrêtés pour lui rendre hommage. A l'aéroport de Rome, l'activité a été interrompue pendant une minute pour saluer sa mémoire.