La lutte antimafia doit devenir "une priorité nationale"

Publié le par Charlotte

Les états généraux de l'antimafia ont appelé dimanche le gouvernement italien à faire de la lutte contre la criminalité organisée une "véritable priorité nationale", en frappant plus durement les patrimoines et les nouvelles activités mafieuses.

La manifestation, qui a réuni durant trois jours des représentants de la société civile, des forces de l'ordre, des magistrats et des élus, s'est conclue par la publication d'une série de propositions, qui sera remise lundi au Parlement.

Les états généraux ont notamment demandé l'instauration d'une autorité indépendante pour lutter contre le recyclage des fonds illégaux et une meilleure application de la loi sur les marchés publics, de plus en plus infiltrés par les organisations criminelles.

Le manifeste réclame aussi un durcissement dans la confiscation des biens mafieux. Un millier de biens mobiliers ou immobiliers ont été confisqués en 2000, mais le chiffre est passé à 374 en 2004.

"La classe politique doit prendre des engagements pour que la justice soit plus efficace", a demandé le procureur national antimafia, Piero Grasso.

Il a également réclamé une législation plus protectrice pour les témoins qui sont parfois "abandonnés à eux-mêmes".

Selon le manifeste des états généraux, la lutte doit aussi concerner les nouveaux terrains d'action des mafias, comme le trafic des déchets industriels ou les produits dopants.

Lors de l'ouverture des travaux vendredi, le chef du gouvernement italien Romano Prodi s'était engagé à accroître l'engagement de l'Etat contre les mafias, qui sévissent notamment dans la région de Naples (Camorra), en Sicile (Cosa Nostra) et en Calabre ('Ndrangheta).

Chacune de ces organisations dispose de plusieurs milliers d'affidés et leur chiffre d'affaires annuel avait été estimé à 100 milliards d'euros en 2004 par l'ancien procureur national antimafia, Luigi Vigna.

La lutte contre les organisations criminelles avait été le grand absent des dernières élections législatives du printemps 2006, remportées de justesse par le centre-gauche.

Lors des états généraux, les partis politiques ont aussi été appelés à exclure les candidats mis en examen ou condamnés pour liens avec la mafia de leurs listes lors des élections.

La polémique a ressurgi dimanche avec les contestations contre la nouvelle commission parlementaire antimafia, désignée cette semaine par les députés et sénateurs, et dont sont membres deux élus de droite et du centre, Alfredo Vito et Paolo Cirino Pomicino, déjà condamnés pour corruption et financement illégal de partis.

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