Italie - France: Compte Rendu du match
Pour cette finale de la Coupe du Monde entre deux des meilleures défenses de la compétition, tous les observateurs s’attendaient à un début de match fermé, voire ennuyeux. Pourtant, la rencontre partait à cent à l’heure. A peine six minutes de jeu et Malouda, suite à une incursion dans la surface, était déséquilibré par Marco Materazzi. M. Elizondo n’hésitait pas une seconde
et désignait le point de penalty. Zinédine Zidane, pour le dernier match de sa carrière, prenait ses responsabilités en ouvrant le score d’une… Panenka qui franchissait la ligne après avoir tapé la barre (1-0, 7e). Ce coup d’audace étonnant de la part de Zizou plaçait le capitaine des Bleus aux côtés de trois autres légendes, Pelé, Vava et Breitner, qui ont comme lui réussi à inscrire un but lors de deux finales de Coupe du Monde. Quelques minutes plus tard, l’équipe de France passait même tout près du break. Un centre de Willy Sagnol côté droit était contré par Materazzi de la tête. Le ballon frisait le montant d’un Buffon qui paraissait battu (9e). Le défenseur de l’Inter, peu à la fête jusqu’à présent, allait néanmoins se racheter. En reprenant un corner d’Andrea Pirlo frappé en cloche, Materazzi catapultait le ballon au fond des filets pour son second but de la compétition (1-1, 19e).
Les coups de pied arrêtés allaient, tout au long de la première période, être un calvaire pour les Bleus. Materazzi, une nouvelle fois, passait tout près de s’offrir une action jumelle de celle qui avait conduit au but mais son coup de tête, repoussé par Thuram sur la ligne, était néanmoins entaché d’une faute (27e). Luca Toni, quant à lui, pensait, toujours de la tête, inscrire son troisième but du Mondial, mais la barre repoussait son coup de tête (36e). Entre temps, Florent Malouda avait matérialisé la bonne réaction des Bleus sur le plan du jeu, après une sévère domination. Le Lyonnais, à la conclusion d’une belle action collective, plaçait une frappe trop molle directement dans les gants de Buffon (30e). Les Italiens, plus en jambes dans ces quarante-cinq premières minutes, bénéficiaient d’une occasion en or quand Toni, à la suite d’une superbe action dans la surface, se retrouvait seul face à Barthez. La frappe du buteur de la Fiorentina était contrée in extremis par un retour de Lilian Thuram, sauvant la maison bleue sur ce coup là (35e). Les dix dernières minutes se révèlaient assez pauvres en occasions, les deux équipes hésitant à se livrer. M. Elizondo renvoyait les deux équipes aux vestiaires sur ce score de parité.
Au retour des vestiaires, les Bleus semblaient animés de toutes autres intentions. Henry, d’une percée plein axe, enchaînait les contres favorables avant de placer une frappe de l’intérieur du pied, directement sur Buffon (46e). Les Italiens, comme en première période, se révélaient quasi uniquement dangereux sur coups de pied arrêtés. Cannavaro, en reprenant un corner tiré à la rémoise, plaçait une tête décisive que Gallas détournait involontairement (49e). Thierry Henry, une nouvelle fois, se procurait quelques minutes plus tard une occasion décisive. D’un nouveau slalom dans l’axe, le Gunner se débarrassait de toute la défense italienne, mais son centre en retrait était détourné par un Materazzi particulièrement attentif (50e). Les Bleus, néanmoins, devaient composer avec la blessure de Patrick Vieira qui, touché à la cuisse, laissait sa place à Diarra. Après ce coup dur, était tout près d’y succéder un deuxième avec un coup franc que Luca Toni catapultait au fond des filets. Heureusement pour les Bleus, l’arbitre assistant avait au préalable levé son drapeau, annulant le but italien (62e).
Thierry Henry, particulièrement virevoltant dans cette second période, se
procurait une troisième occasion en remportant son un contre un avec Cannavaro. L’ancien Monégasque entrait dans la surface mais sa frappe était repoussée par Gianluigi Buffon (63e). Par la suite, les Italiens réagissaient péniblement. Un coup franc à trente mètres permettait à Andrea Pirlo, d’une frappe enroulée, de frôler le poteau d’un Barthez qui semblait néanmoins contrôler l’affaire (77e). Le dernier quart d’heure de cette seconde période offrait aux soixante-douze mille spectateurs présents dans l’Olympiastadion assez peu de grosses occasions. Néanmoins, les Bleus montraient beaucoup plus d’envie que les Italiens, et passaient la plupart du temps dans le camp transalpin. Tous les supporters bleus pouvaient accueillir la prolongation avec une certaine confiance, tant les Bleus semblaient bénéficier d’un réel ascendant physique.
La première période de la prolongation allait être une copie conforme de la fin du temps réglementaire. Les Bleus acculaient véritablement des Italiens carbonisés dans leur camp. Les hommes de Raymond Domenech allaient même bénéficier de deux occasions en or. Ribéry, tout d’abord, plaçait un pointu d’un cheveu à côté, après une belle combinaison avec Malouda (99e). Quelques minutes plus tard, un centre de Willy Sagnol trouvait la tête de Zinédine Zidane. Zizou plaçait une tête terrible que Buffon détournait d’une magnifique manchette (103e). Le début de la seco
nde période débouchait sur un énorme coup de théâtre. Après un accrochage avec Marco Materazzi, Zinédine Zidane perdait le contrôle de ses nerfs et frappait le défenseur de l’Inter d’un coup de tête dans la poitrine. M. Elizondo l’expulsait logiquement, laissant les Bleus à dix… Pourtant, les joueurs de Domenech ne relâchaient pas leurs efforts. Wiltord bénéficiait même d’une occasion en fin de rencontre, mais son tir se perdait dans les nuages (120e).
La loterie des tirs au but était donc inévitable, et la différence allait, malheureusement pour l’équipe de France, se faire sur un penalty de Trezeguet. La frappe du buteur de la Juve trouvait la barre, et Grosso, plus tard, pouvait délivrer les siens d’une frappe puissante. L’Italie obtient donc son quatrième titre de champion du monde au terme d’un match loin d’être maîtrisé. Pour les Bleus, la Coupe du Monde aura malgré tout été belle même si toute cette aventure se termine mal. Zinédine Zidane, notre Zizou national, achève quant à lui une carrière extraordinaire par une note bien mauvaise. Pas loin d’être une faute professionnelle, le coup de tête du numéro 10 est une bien triste signature pour la fin de son livre d’or.
source: www.lefigaro.fr