L'Italie remporte la Coupe du monde

L’Italie est championne du monde ! La Squadra Azzurra a remporté son quatrième titre mondial en battant la France aux tirs au but (5-3), alors que les deux équipes n’avaient pu se départager pendant 120 minutes (1-1). Les Français avaient pourtant pris l’avantage grâce à un pénalty inscrit dès la 7e minute du match par Zinédine Zidane. Ils se faisaient néanmoins rejoindre avant la vingtième minute, lorsque Materazzi égalisait de la tête. Dans un match où les deux équipes dominèrent une mi-temps chacune, la fatigue physique prit le dessus sur les vingt-deux joueurs et empêchait de voir un spectacle attendu à ce stade d'une telle compétition. Et que dire du comportement de Zidane, exclu après un coup de tête sur Materazzi? Vingt-quatre ans après son dernier sacre, l’Italie a donc retrouvé le sommet du football mondial et a ainsi conjuré le sort qui l’avait frappée lors de la finale du Mondial 1994, où elle fut battue par le Brésil aux tirs au but.
Altercations
L’Italie, comme la France avec Henry, se présentait avec un seul attaquant, Luca Toni, soutenu par une équipe identique aux derniers matches. D’emblée, le match fut rugueux. En effet, 45 secondes après le coup de sifflet initial, Henry percutait Cannavaro et tombait dans une somnolence qui, malgré quelques minutes de doute, ne l’empêchait pas de remonter sur le terrain. Cette première altercation démontrait la volonté des deux équipes à ne pas laisser la moindre parcelle de terrain à l’adversaire. Et lorsque Florent Malouda parvint à en profiter, Materazzi commettait l’irréparable dans le grand rectangle. Le contact était faible, mais l’arbitre argentin Elizondo, premier arbitre de l’histoire à siffler un match d’ouverture et une finale d’un Mondial, n’hésitait pas à offrir à Zinédine Zidane un duel à onze mètres face à Gianluigi Buffon. Zidane transformait le pénalty d’une pichenette déviée par la barre transversale derrière la ligne du but italien (7’). Avec ce 31e but en 109 sélections, Zizou devenait, après Breitner, Pelé et Vavà, le quatrième joueur de l’histoire à marquer lors de deux finales de Coupe du monde. Ce pénalty allait-il être décisif comme l’avait été celui d’Andreas Brehme en finale du Mondial 1990 ?
Étouffés
Ce but marquera le réveil des italiens, plus incisifs en cette première mi-temps, malgré un excès de longs ballons en direction de Luca Toni. Francesco Totti, discret, laissait Pirlo organiser la manœuvre de son équipe. D’ailleurs, c’est le médian milanais qui déposait un corner sur la tête de Materazzi, ramenant les deux équipes à égalité (19e). La Squadra Azzurra était bien en jambe et dominait. L’Italie acculait la France, en témoigne cette action annihilée de justesse par Thuram qui déviait en corner un tir de Toni. Sur ce corner, Toni trouvait la barre transversale (34e). Les seules occasions se déroulaient sur phases arrêtées. L’entrejeu italien était plus prompt ; immédiatement, les Gattuso, Pirlo et Camoranesi empêchaient les médians français à s’extraire de cette zone de jeu. D’ailleurs, la France ne parvenait pas à garder un ballon qui fuyait après deux touches de balle à peine. L’Italie démontrait une plus grande maîtrise du jeu, chaque action demandant à la défense française d’être appliquée, voir empressée de dégager un ballon chaud.
Barthez disparu
La deuxième mi-temps débutait par une mainmise tricolore dans le camp italien. Galvanisée par une première offensive d’Henry, l’équipe de France haussait le rythme et jouait plus haut. La maîtrise défensive des Thuram, Abidal et Sagnol, le meilleur français de la finale, engageait les Bleus vers le but adverse. Durant le quatrième et cinquième quart d’heure, on assistait à des tentatives lointaines, de Henry (46e, 49e), Ribéry (50e, 70e) ou Malouda qui, à la 53e minute, fut fauché indiscutablement cette fois par Materazzi dans le grand rectangle. L'arbitre ne sanctionnait rien. La France monopolisait l’attention de Buffon, Barthez, lui, disparaissait du champ d’action, hormis sur un coup-franc hors cadre de Pirlo (77e). Ce sera la dernière alerte du match (!) pour le gardien toulousain. La prolongation était inévitable.
Vent Glacial
Durant cette première prolongation, seule une frappe de Ribéry éveillait l’intransigeance de Buffon (99e). Les Italiens semblaient être les plus atteints physiquement et heureusement pour eux, Buffon déviait encore une tête puissante de Zidane (104e). Est-ce par frustration que Zizou répétait son geste sur le sternum de Materazzi ? En effet, le génial milieu de terrain français disjonctait et se faisait exclure pour le dernier match de sa carrière. Le froid glacial qui s’abattait sur Berlin à l’instant où tout le monde comprit ce qu’il venait de se passer était à peine balayé par l’invitation de l’arbitre à recourir aux tirs au but pour désigner le vainqueur. Durant cette la séance, le raté de Trézéguet, conjugué au sans faute des tireurs italiens que ponctuait Fabio Grosso, plongeait la France dans le chagrin et permettait à l’Italie d’exhiber pour la quatrième fois de son histoire le plus beau trophée de la planète foot.
Rappel
La maturité et la méticulosité du jeu italien ont donc vaincu la domination d’une France trop imprécise au moment de conclure. L'organisation italienne a une fois de plus été impériale, Cannavora se révélant l’empereur d’un catenaccio qui alimentera encore bien des débats. Au même titre d’ailleurs que le geste fou de Zidane, jubilaire de cette finale et sorti sans gloire après un geste aussi inutile qu’impardonnable pour un joueur de son rang. Il serait réducteur de désormais associer à cet acte celui qui a fait rêver la planète foot durant une décennie, mais la déception de le voir quitter la scène d’une telle manière laisse incrédule et écorne l’image exemplaire qu’il a toujours incarné. Les artistes du ballon rond ont donc tiré le rideau de ce Mondial, mais certains n’ont pas eu droit à un rappel.
Source: www.7sur7.be