Les Italiens disent "non" à la révision constitutionnelle demandée par la droite
Après les législatives du printemps, les 47 millions d'électeurs italiens étaient à nouveau appelés aux urnes, dimanche 25 et lundi 26 juin. Après dépouillement de plus de 96 % des bulletins, le "non" a recueilli 61,6 % des voix, selon les chiffres du ministère de l'intérieur.
La victoire des partisans du "non" est d'autant plus nette que la participation a atteint 53,6 %, un taux important pour ce type de scrutin. Le nord du pays, qui aurait pourtant bénéficié avec ce texte d'une régionalisation accrue, l'a lui aussi rejeté.
Le gouvernement de coalition emmené par Romano Prodi, parvenu au pouvoir grâce à une courte victoire aux législatives d'avril dernier, en sort donc renforcé. Le leadership au sein de l'opposition de l'ancien président du conseil, Silvio Berlusconi, pourrait, lui, être remis en cause : l'un de ses partenaires, la Ligue du Nord, n'a pas exclu de quitter la coalition de centre droit en cas de victoire du "non".
Réforme la plus ambitieuse jamais envisagée depuis 1948
Présentée en novembre dernier au Parlement, alors dominé par le centre droit, la réforme n'avait été adoptée qu'à la majorité simple, alors qu'une majorité des deux tiers était nécessaire pour éviter un référendum. Les changements proposés étaient les plus ambitieux jamais envisagés depuis l'adoption de la Constitution de 1948.
Le projet soumis à référendum prévoyait d'accorder aux vingt régions une autonomie dans les domaines de l'éducation, de la santé et des administrations locales. Il prévoyait un renforcement des pouvoirs du chef du gouvernement qui, de "président du conseil", devenait "premier ministre", capable de nommer et de révoquer les ministres sans passer par le président de la République, et "déterminant" la politique générale alors qu'il la "dirige" aujourd'hui.
Selon la nouvelle Constitution, le président de la République aurait vu ses pouvoirs réduits et n'aurait plus pu dissoudre les chambres que sur "demande du premier ministre". Le Parlement passait d'un parfait équilibre des compétences entre la Chambre des députés et le Sénat à un système où les sénateurs ne s'occupaient que des lois régionales et les députés des lois nationales. La réforme prévoyait également à partir de 2016 une réduction du nombre des députés, qui devaient passer de 630 à 518 et des sénateurs, de 315 à 252.