Romano Prodi sous pression pour baisser les dépenses
Le gouvernement Prodi, qui achève son audit des comptes publics de l'Italie, est pris entre deux feux. L'Union européenne exige sans délai l'assainissement du déficit budgétaire. La Banque d'Italie et le patronat attendent des "mesures immédiates" pour profiter de la reprise de l'économie.
"Le retour à la croissance doit être la priorité absolue de la politique économique italienne, comme le fut l'entrée dans l'Union monétaire, il y a dix ans", a martelé Mario Draghi, le nouveau gouverneur de la Banque d'Italie, mercredi 31 mai, à Rome, devant son assemblée générale annuelle.
Le grand argentier ne veut pas choisir entre stabilité financière et développement économique : "Il faut, en préservant l'une, relancer l'autre." Le matin même, le président du conseil, Romano Prodi, avait eu confirmation que Bruxelles n'entendait pas faire crédit au nouveau gouvernement italien. "Considérant les perspectives de croissance, nous pensons que la correction du déficit excessif est un objectif réalisable dès la fin 2007, à condition que la loi de finances soit rigoureusement respectée", a indiqué José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, dans un entretien à La Repubblica.
M. Draghi a chiffré à 27 milliards d'euros, soit 2 % du produit intérieur brut (PIB), les économies nécessaires pour ramener le déficit à 2,8 % du PIB en 2007. L'équipe Prodi envisage, elle, un correctif budgétaire de 6 à 7 milliards d'euros. Les interventions de ce type "ne produisent que des résultats éphémères", a averti le banquier central.
Outre la réduction des dépenses de fonctionnement de l'administration, M. Draghi plaide pour "deux priorités inévitables" : augmenter l'âge moyen de la retraite et responsabiliser les collectivités locales.
source : Le Monde