20ème étape: Basso comme un gosse

Publié le par Marco

Ivan Basso a remporté sa 3e victoire d’étape sur ce Giro au terme des 211 kilomètres disputés entre Trento et Aprica. Un succès dédié à son fils, né vendredi, avant son sacre annoncé dimanche à Milan à l’issue d’un Tour d’Italie qu’il a dominé de la tête et des épaules.

Le meilleur pour la fin. Ou plus probablement le pire, pour la grande majorité des quelques 153 rescapés au petit matin à Trento. A la veille de la traditionnelle parade dans les rues de Milan et après trois semaines de course, les organisateurs du Giro avaient mijoté un plat pratiquement indigeste pour l’étape-reine de ce Tour. 211 kilomètres à parcourir, trois cols répertoriés au classement de la montagne dont le Passo Gavia, point culminant de ce Tour d’Italie avec son sommet à 2618 mètres et le mythique Mortirolo, et au total un peu plus de 4000m de dénivelé en guise d’adieu aux Dolomites. Plus qu’un hypothétique retournement de situation au classement général, c’était surtout la dernière occasion pour les grimpeurs d’accrocher une victoire d’étape, Gilberto Simoni en tête.

Basso tel un ogre

Le coureur de Saunier Duval a donc tout mis en oeuvre pour accrocher ce précieux succès. Il s’est arraché dans le Mortirolo pour tenir le rythme d’un Ivan Basso une nouvelle fois en démonstration. Il a collaboré comme il le devait dans la descente de ce col puis dans le faux-plat montant menant jusqu’à Aprica, sachant qu’il était résolument plus rapide que son compatriote en cas d’arrivée au sprint. Mais il avait oublié deux petites choses : d’abord de s’alimenter, puis qu’Ivan Basso était devenu papa pour la deuxième fois la veille. Victime d’une fringale, Gilberto Simoni lâchait prise à cinq kilomètres du but sous la cadence du Maillot Rose. Aux anges, Ivan Basso s’en allait remporter sa 3e victoire d’étape sur ce Giro, brandissant la photo de son bébé en guise de trophée sur la ligne. Belle image d’un coureur qui a écrit une nouvelle page de sa légende, sur les monts les plus prestigieux du Tour d’Italie, là même où Fausto Coppi et Marco Pantani ont brillé par le passé.  

Garate en vert

Le début d’étape avait pourtant longtemps ressemblé à un long défilé devant le programme du jour. Tout en montée, les deux premières heures de course étaient avalées à la moyenne respirable de 26 km/h même si le peloton perdait déjà deux membres du Top 20, l’Américain Tom Danielson, non partant, et l’Italien Wladimir Belli, fatigué et malade. D’un commun accord, les coureurs escamotaient l’ascension du Passo del Tonale, puis le Passo Gavia se suffisait à lui-même pour écarter les plus faibles avant d’affronter le Mortirolo et ses pentes à 18 %. A l’avant, le champion d’Espagne, Juan Manuel Garate, vainqueur la veille, avait encore des jambes pour grappiller des points et s’assurer le Maillot Vert de meilleur grimpeur alors que les quelques attaquants du jour (Bruseghin, Calzati, Lopez Garcia, Vila, Serpa) se relevaient tour à tour face à la chasse menée conjointement par les CSC et les Saunier Duval.

 

Basso à l’attaque

C’est donc un groupe composé d’une quarantaine de coureurs qui abordait les pentes du Mortirolo. Un monstre de 12,8 kilomètres à 10,3 % de moyenne, soit 1400m de dénivelé, et justement rebaptisé pour l’occasion «montagne Pantani». Lobato, le premier étage de la maison Saunier Duval, était le premier à lancer les hostilités, imprimant un tempo ultra rapide dès les premiers hectomètres avant de terminer son exercice d’apnée en se garant sur le côté. Mais alors qu’on attendait le relais de Piepoli ou Simoni, c’est la CSC puis Ivan Basso en personne qui accélérait subitement le rythme. Gutierrez et Cunego, qui avaient eu le tort de s’accrocher un moment, craquaient irrémédiablement alors que seul Simoni pouvait accompagner le Maillot Rose, son coéquipier Leonardo Piepoli étant posté juste derrière. Savoldelli, Casar ou Garate, eux, avaient décidé bien avant ce nouveau coup de force de Basso de décrocher et de monter à leur rythme.

Casar gagne encore une place

Sous un grand soleil et devant un public déchaîné, le duo de tête passait au sommet du Mortirolo avec une minute d’avance sur Gutierrez et Cunego, Savoldelli étant pointé à 3’40, en compagnie de Garate, Caruso et Casar, qui grignotait une nouvelle place au général. Il restait alors encore une trentaine de kilomètres à couvrir, entre la descente du col et l’arrivée en faux plat montant vers Aprica. Alors que Paolo Savoldelli prenait tous les risques pour sauvegarder sa 4e place, l’écart augmentait encore légèrement entre les duos Basso-Simoni et Gutierrez-Cunego. Et alors qu’on pensait déjà à la victoire d’étape de Gilberto Simoni, celui-ci craquait et terminait à plus d’une minute de Basso. Derrière, les écarts étaient considérables. Cunego et Gutierrez concédaient 2’51’’, Savoldelli et Piepoli 6’02’’ alors que Sandy Casar, beau 7e, profitait de la défaillance de Pellizotti pour grignoter une nouvelle place au classement. Désormais 6e, le coureur français assistera dimanche au sacre d’Ivan Basso, à Milan, avec plus de 9 minutes sur son dauphin, Jose Enrique Gutierrez.

 

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Publié dans Sport-Cyclisme

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