19ème étape: Le cadeau fait à Garate

Publié le par Marco

Juan Manuel Garate a inscrit pour la première fois son nom à une étape d’un grand tour en s’imposant à l’issue d’une journée de montagne redoutable. Dans le final, l’Espagnol a bénéficié d’un geste de seigneur de Jens Voigt qui lui a offert la victoire sur un plateau.

Encore abasourdi par les révélations du nouveau scandale du dopage venu d’Espagne, le peloton du Giro s’est péniblement remis en selle vendredi matin pour en découdre avec la 19e étape. Les 155 rescapés n’ont pas bénéficié de beaucoup de temps pour gamberger. Car même si la tête était encore aux interpellations des docteurs Fuentes et Merino, ou aux déclarations fracassantes de Manolo Saiz la veille, un programme titanesque attendait les coureurs : 224 km dans les montagnes, quatre ascensions redoutables avec des passages à plus de 12% en pagaille, et une dernière montée interminable de 18 km vers l’arrivée en altitude à San Pellegrino.

20 hommes en tête

La première des deux journées les plus éprouvantes du Giro devait permettre aux adversaires d’Ivan Basso de tenter un dernier baroud d’honneur pour faire vaciller l’Italien. Mais les Gilberto Simoni et Jose Enrique Gutierrez n’ont pas pu profiter de l’enchaînement des cols pour faire la différence. C’est un gros groupe composé d’une vingtaine de coureurs qui a avalé les premiers cols, profitant d’une assez bonne marge de manœuvre de la part d’un peloton, contrôlé par l’armada CSC, pour faire le trou tôt dans la journée. Au fur et à mesure que les kilomètres défilaient les fuyards se sont délestés des prétendants les moins à l’aise en montagne. Et de 20 unités après la première ascension de Staulanza, le groupe d’échappés passait à 14 au sommet du Passo Feidaia pour tomber à 12 en basculant dans la descente qui suivait la montée du Passo Pordoi.

Saunier Duval accélère pour Simoni

A 40 km de l’arrivée, le peloton comptait plus de 6’ de retard sur les 12 hommes de tête, emmenés par un Di Luca revanchard, bien décidé à effacer ses désillusions des jours précédents. Mais l’Italien devait se méfier de grimpeurs de la trempe de Balliani (Panaria) ou Tschopp (Phonak) mais aussi de Patrice Halgand (Crédit Agricole). Derrière, sous l’impulsion de quelques membres de la Saunier Duval qui préparaient sans doute le terrain pour une attaque de Gilberto Simoni, le peloton, ou ce qu’il en restait (34 coureurs à 20 km de l’arrivée), haussait de rythme. Et aux abords des premiers contreforts de la dernière difficulté du jour, les 12 leaders constataient logiquement que l’écart fondait comme neige au soleil.

Du coup, Garrate (Quick Step) et Voigt (CSC) prenaient seuls la poudre d’escampette et s’emparaient rapidement de quarante secondes d’avance sur leurs compagnons d’échappés, fatigués et incapables de prendre la roue. Plus loin, comme l’avait laissé entrevoir la tactique des Saunier Duval quelques kilomètres auparavant, Gilberto Simoni attaquait dans les pentes les plus abruptes en faisant exploser les restes du peloton. Seul Ivan Basso résistait à l’accélération du Transalpin qui lâchait Damiano Cunego, dans le rouge, alors que Gutierrez, lui aussi en difficulté, donnait tout pour conserver sa place de dauphin.

Jens Voigt en seigneur

Mais l’attaque de Simoni se révélait trop tardive, d’autant plus tardive que le leader de la Saunier Duval coinçait un peu dans le final. Ivan Basso en profitait pour prendre le relais et mener le train tranquillement pour finalement arriver avec 2’15’’ de retard sur le vainqueur du jour qui devait être Garate ou Voigt qui filaient seuls vers une victoire de prestige. Les deux hommes s’apprêtaient à s’expliquer dans un sprint lorsque, grand seigneur, le coureur de la CSC laissait la victoire à l’Espagnol. D’un geste de classe, l’Allemand indiquait à Garate, qui avait fait le plus gros du travail dans les relais, qu’il méritait son étape. Le coureur de la Quick Step ne se faisait pas prier et remportait quelques instants plus tard la première grande victoire de sa carrière, non sans s’être retourné pour remercier Voigt. Comme quoi le cyclisme, empêtré dans de sombres affaires de dopage, est encore capable de nous offrir un beau rayon de soleil.

 

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Publié dans Sport-Cyclisme

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