9ème étape: La surprise Vaitkus

Publié le par Marco

Après la dure partie de manivelle de la veille, le Giro s’offrait une étape de transition ce lundi, courte de 127 kilomètres. Une étape parfaite pour les baroudeurs… Ou les sprinteurs, à l’image du surprenant Tomas Vaitkus, vainqueur d’un rien devant Paolo Bettini.

Etape la plus courte de ce Giro, cette «liaison» de 127 km entre Francavilla al Mare et Termoli tombait à point nommé pour offrir une respiration bienvenue à certains favoris, durement éprouvés la veille par la cavalcade de Basso. On pense évidemment à Savoldelli, le tenant du titre qui avait abandonné plus de deux minutes sur les pentes du Passo Lanciano en raison d’une forte allergie au pollen. On pense aussi à Di Luca, ni totalement à la rue, ni vraiment très à l’aise sur la première étape de montagne. En revanche, si on a une pensée pour Jan Ullrich, c’est déjà dans la perspective du prochain Tour de France car l’Allemand de la T-Mobile n’aura guère fait illusion longtemps sur l’épreuve transalpine en concédant plus d’un quart d’heure sur la première difficulté venue. Pour ces trois hommes, mais aussi de nombreux autres plus anonymes, ce 9e acte prenait donc des airs de bénédiction. Et pour Robbie McEwen, déjà détenteur de trois victoires d’étapes sur ce Giro, il représentait la dernière belle occasion de signer une belle passe de quatre.

 

Monnerais craque tout seul

Néanmoins, comme on pouvait s’y attendre, le début d’étape était relativement calme. Il fallait en fait attendre d’avoir effacé le 30e kilomètre de course pour assister à la première attaque digne de ce nom. Elle était l’œuvre d’un tandem estampillé 100% formations tricolores, puisque l’on retrouvait Cyril Monnerais de la Française des Jeux accompagné de l’Ukrainien Youri Krivtsov d’AG2R. Ensemble, les deux hommes s’octroyaient une belle petite avance de 4 minutes à mi-course. Sous un magnifique ciel bleu, le peloton ne semblait pas en effet pressé de s’agiter pour reprendre les deux fuyards. Malheureusement, le jeune tricolore de la FDJ, tout juste âgé de 22 ans, avait présumé de ses forces et se révélait incapable de suivre le rythme de son compagnon d’escapade à moins de 50 kilomètres de l’arrivée. Du coup, seul en tête, Krivtsov se retrouvait dans une position très délicate. Spécialiste du contre-la-montre, il poursuivait néanmoins son effort. En vain, l’écart s’effondrant à toute allure. Au même rythme en fait qu’un peloton emmené à vitesse grand V par la Quick Step. La jonction opérée à 30 km du but, les favoris pouvaient s’expliquer dans la seule côte prévue au programme de ce lundi, le Guglionesi.

 

 

Gutierrez et Bettini au bluff

Une petite côte de 3e catégorie qui donnait des fourmis aux jambes d’un certain Gutierrez. L’Espagnol de la Phonak, 2e au général, partait en effet dans les derniers lacets pour rejoindre Laurent Lefevre de la Bouygues Telecom. Un coup de bluff qui ne surprenait pas la CSC de Basso, qui dépêchait Voigt pour calmer les ardeurs de l’Ibérique. Relégué à 40 secondes du peloton lors de cette ascension, McEwen, lui, s’échinait à l’arrière pour revenir. Une mission qu’il menait à bien à 10 kilomètres de l’arrivée, tandis que les attaques se multipliaient à l’avant. Parmi les plus assidus, on notera le nom du coureur de la Bouygues Telecom Stef Clement, candidat à l’échappée à deux reprises. Mais le sprint était désormais inévitable, puisque l’équipe Milram avait décidé de passer à l’action pour… Personne finalement. Une drôle de stratégie dont on pensait bien qu’elle allait faire le bonheur d’un certain Australien. Grand favori, Robbie McEwen s’avérait cependant trop juste, usé sans aucun doute par ces efforts précédents pour réintégrer le peloton. Résultat, sa succession était ouverte et Paolo Bettini la jouait en vieux briscard. A peine passé la ligne, le Transalpin de la Quick Step levait les bras en vainqueur. A tort. Puisque le plus rapide se nommait Tomas Vaitkus. Le Lituanien d’AG2R l’emportait en effet de deux courts boyaux, récompensant ainsi d’une certaine façon l’excellente journée des formations tricolores, omniprésentes aux avant-postes. Heureux évidemment de cette importante victoire, Vincent Lavenu, le directeur sportif d’AG2R, avait cependant senti le bon coup venir, comme il le confirmait sur Eurosport en évoquant son coureur : «C’est un sprinteur au long cours, très puissant et qui s’améliore au fil du temps. Il met toujours du temps à atteindre sa pleine mesure, mais là, après une dizaine de jours de course, on sentait qu’il pouvait faire quelque chose.»

 

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Publié dans Sport-Cyclisme

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