8ème étape: Le message de Basso
Dans la première étape d’envergure de ce 89e Giro, Ivan Basso a mis tout le monde d’accord en remportant avec autorité la 8e étape disputée entre Civitanova Marche et Maielletta. L’Italien de la CSC profite de son triomphe au sommet pour prendre le Maillot Rose.
Basso sort de l’ombre
Les choses sérieuses démarraient réellement ce week-end sur le Tour d’Italie après une première semaine plutôt plate, dans tous les sens du terme, qui avait permis au sprinter australien Robbie McEwen de briller en remportant trois étapes dont deux en Belgique, point de départ insolite de ce 89e Giro. Samedi, la 7e étape au programme, la plus longue de l’édition 2006, avait permis de constater que les favoris à la victoire finale, Paolo Savoldelli, Ivan Basso, Damiano Cunego et Gilberto Simoni, étaient affûtés avant le premier grand rendez-vous montagneux prévu dimanche entre Civitanova Marche et Maielletta. Une arrivée au sommet qui aura été l’occasion pour Basso de sortir de sa réserve. Et de quelle manière ! Le leader de la CSC a déposé Cunego et Simoni à 2,5 km de la ligne pour finalement s’imposer avec 30 secondes d’avance sur ses rivaux de la Lampre et de Saunier Duval. Un coup de force qui lui permet de prendre le Maillot Rose de leader avec une confortable avance sur Jose Gutierrez (1’34’’) et Cunego (1’48’’) alors que Paolo Savoldelli, le tenant du titre, pointe à 2’35’’.
Les Bleus se montrent
Avant l’attaque du dernier vainqueur du Critérium International, la 8e étape du Tour d’Italie avait démarré piano avec quelques tentatives d’échappées vite anéanties par le peloton mené, à l’heure de manger, par les Quick Step et la Française des Jeux. Sur le plat pendant les 100 premiers kilomètres de la course, un groupe de 14 coureurs dont les Français Sylvain Calzati (AG2R), Christophe Edaleine et Benoit Poilvet (Crédit Agricole) se détachait dans les premières montées. Relégué à 2’ à 100 bornes de l’arrivée, le peloton laissait filer les échappés dont l’avance grimpait jusqu’à 3’45’’ à 60 kilomètres de Maielletta. La bonne conscience des T-Mobile les poussait à accélérer la cadence histoire de protéger le Maillot Rose de Serhiy Honchar. Les Liquigas de Danilo Di Luca, à la peine ce week-end, et les Saunier Duval de Simoni assuraient les relais et rattrapaient le retard qu’accusait le gros des troupes (2’20’’ à 40 kilomètres du sommet). La pluie ne freinait pas le peloton qui poursuivait sa remontée à l’approche de l’ascension du Passo Lanciano, le juge de paix de cette étape avec 12,33 kilomètres à 8,4% de moyenne.
Sastre en bon lieutenant
Au pied de l’ascension, Marzio Bruseghin (Lampre) et Sylvain Calzati (AG2R) faussaient compagnie à leurs camarades d’échappée qui voyaient le peloton dans le rétro. Des les premiers hectomètres de la montée, le Français lâchait prise et rentrait sagement dans le rang. En tête du peloton, les CSC, Carlos Sastre en tête, travaillaient pour Ivan Basso. Le rythme imposé par la formation suisse était trop élevé pour Honchar qui avait bien du mal à profiter de ses dernières minutes en Rose tant il semblait à la peine. Calé dans la roue de Sastre, Basso voyait Savoldelli lâcher à son tour tout comme Danilo Di Luca. Le dauphin de Lance Armstrong sur le Tour de France 2005, Cunego et Simoni se regardaient en chiens de faïence jusqu’à ce que le coureur de la Lampre ne passe à l’attaque à 3 kilomètre de l’arrivée. Une banderille évitée avec maestria par Basso qui suivait son compatriote avant de le distancer avec une facilité déconcertante pour finalement s’imposer avec 30’’ d’avance sur Cunego et Gutierrez (Phonak), désormais dauphin du Lombard qui a délivré un message très clair à Maielletta. Il n’a pas que le Tour de France comme objectif cette saison.
source : Sport 24