7ème étape: Verbrugghe se fait la belle
Le Belge Rik Verbrugghe a remporté la 6e étape du Giro, la plus longue de ce Tour d’Italie, disputée entre Cesena et Saltara. Sur un parcours de moyenne montagne, le coureur belge a fait preuve de force et de malice pour s’imposer. L’Ukrainien Serhiy Honchar retrouve son Maillot Rose.
Après une semaine de plaine et de chronos, le Giro abordait ses premières pentes ce samedi entre Cesena et Saltara, l’étape la plus longue de ce Tour avec 236 km à parcourir. Pas encore de la haute montagne mais des monts suffisamment pentus pour donner une première impression sur l’état de forme des favoris. On vit donc un Paolo Savoldelli impressionnant de puissance dans la montée finale, un Ivan Basso attentif et un Damiano Cunego qui a pris ses responsabilités en faisant courir ses équipiers. En revanche, on peut être un petit peu plus inquiet pour Danilo Di Luca, à la peine dans les quelques difficultés répertoriées sur le parcours. Au final, le coureur Liquigas n’accusait qu’un très léger retard sur ses principaux rivaux mais sa performance n’est pas de nature à le rassurer avant l’arrivée au sommet de Maielletta dimanche.
Un groupe de 30 hommes
Cette étape de moyenne montagne intéressante aurait également pu donner lieu à un énorme coup de Trafalgar. Une trentaine de coureurs s’échappait ainsi à mi-parcours dans le Monte Catria, 15,8 km à 5 % de moyenne, devant l’attentisme du peloton. Parmi ces hommes, pas de gros bras mais des garçons dangereux comme le champion d’Espagne, Juan Manuel Garate (Quick Step), 5e l’an dernier du général, l’Espagnol Francesco Vila (Lampre), 2e de Paris-Nice, le Russe Vladimir Efimkin (Caisse d’Epargne-Iles Baléares) ou encore Paolo Bettini (Quick Step). En fait, ce gros paquet venait tout juste de se lancer à la poursuite de deux hommes, le Français Sylvain Calzati (AG2R) et le Belge Staf Scheirlinckx (Cofidis), échappés depuis le début de l’étape, avec une avance maximale de 16 minutes sur un peloton apathique. Derrière, le leader Olaf Pollack ne pouvait tenir le rythme et savait qu’il vivait ses dernières heures en rose.
Di Luca en difficulté
Devant aussi, l’écrémage avait lieu. La pente se suffisait à elle-même ainsi pour écarter les plus faibles alors que Calzati se faisait manger par la dizaine de coureurs restants. Scheirlinckx parvenait quant à lui à conserver une minute de marge au sommet, synonyme de Maillot Vert de meilleur grimpeur, avant de se relever et d’attendre le renfort pressant. Les efforts déployés par le Belge depuis le petit matin pesaient cependant un peu trop lourd dans la balance au moment de débuter l’ascension du Monte Cesane, situé à 40 kilomètres. Le coureur de la Cofidis devait ainsi laisser partir cinq hommes, son coéquipier Verbrugghe (Cofidis), Vila (Lampre), Pena (Phonak), Garate (Quick Step) et Mori (Saunier Duval), les plus forts du groupe de tête, qui perdait Matthias Kessler, victime d’une chute dans la descente alors qu’il était dans le coup. Quatre minutes derrière, Danilo Di Luca avait un mal fou à tenir sa place dans le peloton des favoris. Ce n’était que le début des difficultés du coureur de la Liquigas.
Verbrugghe à l’énergie
Malgré la présence de Vila à l’avant, la Lampre de Damiano Cunego menait un train d’enfer à l’amorce du Ponte Alberi, à une dizaine de kilomètres de l’arrivée, pour éliminer cet adversaire direct pour le général. Sur des pourcentages atteignant les 12 %, Di Luca ne pouvait suivre et tentait de limiter la casse aux côtés d’un Jan Ullrich en danseuse. Le tempo imprimé par la Lampre était si fort que l’avance des cinq hommes de tête avait également fondu et passait sous la minute. Rik Verbrugghe décidait alors de tenter sa chance en solitaire à cinq kilomètres du but. Le pari du Belge fonctionnait parfaitement puisque ses quatre partenaires se regardaient mais il restait encore l’arrivée sur Saltara à grimper avec des passages à 18 %, et un groupe lancé comme un train sur ses talons. Déçu de son prologue raté chez lui en Belgique, le coureur de Cofidis s’arrachait pour préserver au final 14 petites secondes sur un Paolo Savoldelli impressionnant dans cette dernière montée et qui récoltait 12 précieuses secondes de bonifications. Les autres favoris n’étaient toutefois pas très loin, y compris Danilo Di Luca qui ne concédait que 20 secondes sur le leader de la Discovery Channel. Mais le grand bénéficiaire de la journée se nommait Serhiy Honchar qui récupérait son Maillot Rose cédé pendant un jour à son coéquipier Olaf Pollack. Ses 5 secondes d’avance sur Savoldelli et ses 11 sur Basso risquent toutefois de ne pas suffire demain dimanche au sommet du Passo Lanciano.
source : Sport 24