3ème étape: Schumacher voit double
Vainqueur de la 3e étape à Namur, l’Allemand Stefan Schumacher a revêtu le maillot rose de leader de ce Giro 2006. Mais la journée aura surtout été marquée par la chute d’Alessandro Petacchi, qui a fini très loin derrière le peloton, et qui pourrait devoir abandonner dans les prochains jours.
Une échappée fleuve
Après un parcours favorable aux sprinters dimanche, l’étape de ce lundi, la 3e de ce Giro 2006, entre Perwez et Namur (202 km), offrait un terrain de jeu favorable aux offensives. Une pente moyenne de 5%, des pavés, des tournants en épingle à cheveux et une dernière ascension, la côte de la Citadelle, pour rallier l’arrivée… Le tout sous une pluie battante, voilà le décor proposé au peloton. Un profil de parcours a priori favorable à Paolo Bettini, qui a clamé ces derniers temps ses ambitions sur cette étape.
Dès le départ, après une dizaine de kilomètres, Ivan Mayoz, de la formation Euskatel, tentait une échappée. Il était vite rattrapé mais quatre hommes, le Français Amael Moinard de la Cofidis, l'Espagnol Markel Irizar Aramburu (Euskatel), le Mexicain Moises Aldape Chavez (Panaria) et l'Italien Raffaele Illiano (Selle Italia), partaient en contre. Comme la veille, ce quatuor allait animer la quasi-totalité de l’après-midi même si le peloton ne leur aura jamais véritablement laissé prendre la clé des champs. L’avance maximale des fuyards n’excèdera pas 4’20 après 45 kilomètres de course. Pendant plus de 100 bornes, l’écart oscillera entre 3 et 4 minutes, la Quick Step de Paolo Bettini imprimant un rythme suffisant pour ne pas laisser filer les échappés mais pas trop élevé pour ne pas revenir trop tôt sur la tête de course. Les échappés pouvaient cependant profiter de leur avance pour se disputer les places au sommet des deux difficultés du jour, la côte d'Evrehailles et la côte d'Ahin, classées en 3e catégorie. Et dans cet exercice, Amael Moinard se montrait assez habile avec une première et une deuxième place qui permettront au moins au jeune Français de figurer dans les hommes de tête du classement de la montagne ce lundi soir.
La tuile pour Petacchi
Mais cette deuxième côte avait laissé des traces dans les organismes des quatre échappés et le peloton, qui avait commencé à accélérer l’allure, basculait au sommet avec seulement 1’20 d’avance. L’écart venait de fondre comme neige au soleil et la messe était dite pour les attaquants du jour. Mais alors que la pluie ne cessait de s’abattre sur les coureurs, rendant la chaussée très glissante, un coup de théâtre venait ponctuer la course. Pris dans une chute au sein du peloton à 46 kilomètres de Namur, Alessandro Petacchi restait quelques instants au sol. Tous ses équipiers s’arrêtaient bien évidemment pour l’attendre. Revenu dans un premier temps en queue de peloton après plus de dix kilomètres de chasse derrière, le sprinter italien était ensuite tout proche de l’abandon lorsqu’il mettait pied à terre à moins de 30 kilomètres de l’arrivée. Finalement, il repartait pour rallier Namur au courage, loin derrière l’avant-garde de la course.
L’autre Schumacher
Petacchi out pour la victoire finale, Paolo Bettini continuait de demander à ses équipiers de faire le boulot en tête du peloton. Les échappés étaient alors repris juste avant la banderole des 20 kilomètres après plus de 160 kilomètres devant. La Quick Step avait accompli sa mission et rentrait dans le rang, vite relayée par les CSC, qui prenaient les choses en main pour protéger leur leader, Ivan Basso, candidat déclaré à la victoire finale dans ce Giro. Et c’est encore une chute qui allait apporter un peu d’animation à un final sans attaque. A moins de cinq kilomètres de l’arrivée, dans un virage à gauche très serré, quelques coureurs se faisaient surprendre et tombaient sur le bitume. Le peloton était alors complètement scindé en deux et le groupe de tête ne comportait plus qu’une quarantaine d’éléments avant d’aborder l’ascension de la côte de la Citadelle. Sur les pentes de cette dernière difficulté du jour, Paolo Bettini, Davide Rebellin ou encore Ivan Basso se faisaient surprendre par Stefan Schumacher. L’Allemand contrait une attaque de Rubiera avant de s’imposer avec une grande facilité au sommet. Grâce aux bonifications attribuées au vainqueur d’étape, le coureur de la Gerolsteiner fait même coup double puisqu’il s’empare du maillot rose de leader. Paolo Bettini, comme lors des classiques de printemps, finit encore placé mais pas vainqueur.