Victoire de la coalition Prodi à la Chambre des députés, incertitude au Sénat
Le chef de l'Union de la gauche Romano Prodi a revendiqué, dans la nuit de lundi à mardi, la victoire aux élections italiennes, confirmée officiellement pour la Chambre des députés. Mais l'issue des sénatoriales restait toujours incertaine en début de matinée.
Romano Prodi et ses alliés ont obtenu 340 des 630 sièges de députés en jeu grâce à une avance de 25 224 voix sur la coalition de droite dirigée par Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement sortant, a annoncé mardi matin le ministère de l'intérieur.
Mais aucune des deux coalitions en lice n'a obtenu la majorité des élus au Sénat à l'issue du dépouillement des scrutins exprimés par les 47 millions d'électeurs de la péninsule au cours des deux journées du scrutin dimanche et lundi, a indiqué le ministère. L'Union de la gauche a obtenu 154 des 315 sièges de sénateurs et la coalition de M. Berlusconi 155, précise le décompte officiel.
Les votes des Italiens de l'étranger, qui élisent six sénateurs, seront donc déterminants. L'issue devrait être connue dans la journée de mardi, mais les premiers résultats donnent l'avantage à la gauche. Si, au contraire, le Sénat passait à droite, l'Italie se retrouverait avec deux majorités opposées et antagonistes et serait difficilement gouvernable.
"Nous réclamons la vérification du décompte"
Romano Prodi a pourtant anticipé le résultat et revendiqué une victoire, immédiatement contestée par le camp de Silvio Berlusconi. "Nous avons gagné", a-t-il annoncé à 3 heures du matin depuis la tribune installée devant son quartier général à Rome.
"Nous aurons 340 députés et nous gouvernerons pendant cinq ans", a-t-il lancé sous les acclamations de ses partisans. (...) Nous tournons la page et nous devons travailler pour unifier le pays, pour mettre en oeuvre notre programme".
"Nous contestons cette victoire et nous réclamons la vérification du décompte", a aussitôt répliqué Paolo Bonaiuti, le porte-parole de M. Berlusconi. Et d'ajouter : "On parle d'un demi-million de vote annulés, il faut vérifier cela".
Le chef du gouvernement n'a fait aucune déclaration après la publication des résultats officiels, mais un affrontement très rude se profile entre les deux coalitions sur l'issue de cette élection très disputée.
"Le bénéfice de la prime au vainqueur"
Grâce à la poignée de voix d'avance à la Chambre des députés, Romano Prodi et ses alliés ont bénéficié de la "prime au vainqueur" instituée par la réforme du système électoral votée six mois avant le scrutin et rétablissant la proportionnelle. La coalition arrivée en tête obtient en effet automatiquement 340 des 630 siéges de députés. L'Union a ajouté le siège obtenu par le candidat d'une petite liste dans le Val d'Aoste (Nord) et porte sa majorité à 341 élus.
Silvio Berlusconi et ses alliés obtiennent, pour leur part, 277 députés. Les 12 députés élus par les Italiens de l'étranger complèteront la composition de la nouvelle chambre, a précisé le ministère.
"Bien qu'ils aient fait une loi électorale pour diviser le pays et pour nous empêcher de gagner, les électeurs, par un vote clair et sans appel, ont tourné la page Berlusconi", a affirmé Piero Fassino, chef du parti des Démocrates de gauche (DS), la plus importante formation de la coalition de M. Prodi.
L'issue du scrutin s'est jouée dans un mouchoir de poche au dernier vote et la victoire a oscillé entre les deux coalitions en lice à mesure du dépouillement des bulletins. Victorieux lors de la publication des sondages à la sortie des urnes avec une large avance à 15 heures, Romano Prodi avait tout perdu six heures plus tard, puis repris l'avantage sur Silvio Berlusconi à 2 heures du matin.
La participation a été très élevée : 83,6 % des 47 millions d'électeurs italiens ont voté lors de ce scrutin organisé sur deux jours, a annoncé le ministre de l'intérieur, Giuseppe Pisanu. Le taux était de 81,4 % lors des législatives de mai 2001.
source : Le Monde