Mediterraneo (1991)
Réalisateur: Gabriele Salvatores
Scénario: Vincenzo Monteleone
Musique: Giancarlo Bigazzi
Interprètes: Diego Abatantuono (Sergent Lo Russo), Claudio Bigagli (Lieutenant Montini), Giuseppe Cederna (Farina), Claudio Bisio (Noventa), Gigio Alberti (Strazzabosco), Ugo Conti (Colosanti)
Oscar du meilleur film en langue étrangère (1992)
Résumé:
1941: huit soldats italiens débarquent sur une île de la Mer Egée. Leur mission: occuper l’île pendant quatre mois au nom de Mussolini. Ce groupe hétéroclite est constitué du sage et philosophe lieutenant Montini, de Farina l’orphelin, des frères Munaron, duo de clowns, du brutal Sergent Lo Russo, du taciturne Strazzabosco et de son ânesse Sylvana, de Noventa qui multiplie les tentatives de désertion pour retrouver sa femme enceinte, et du timide Colosanti. Persuadés que l’île est occupée par l’ennemi, les hommes sont de plus accueillis par un graffiti menaçant : "La Grèce est la tombe des Italiens". Au cours de la première nuit, ayant entendu des bruits suspects, ils tuent malencontreusement l’ânesse de Strazzabosco. Ce dernier, accablé de chagrin et furieux, casse la radio de l’unité. Le même soir, le bateau est détruit par une série d’explosions. Tous leurs contacts avec la guerre et l’ltalie sont donc rompus ; les huit hommes se retrouvent seuls et oubliés de tous. Le moral est au plus bas, lorsque Farina est surpris par des enfants, qui le mènent auprès des habitants de l’lle...
Critique:
Lors de sa sortie au début de la Guerre du Golfe, Mediterraneo a suscité, en Italie, une polémique nationale sur la désertion. Amusé, Salvatores, qui a grandi avec les idéaux des années 60, déclare: "Mediterraneo est devenu le symbole du refus de participer à un conflit ; pourtant, mes personnages ne s’identifient pas du tout à la guerre, ils cherchent simplement des excuses pour ne pas la faire. C’est avant tout un film sur les rêves, les rêves d’une génération. En effet, ma génération voulait changer le monde, tout comme la génération précédente, celle des soldats du film, et celles d’avant. Mais, nous avons tous compris que c’était très difficile..." Dans Mediterraneo, Salvatores évoque ce qu’il pense être le problème fondamental de sa génération : "Nous avons souvent opté pour la fuite, I’évasion: par le biais de l’engagement politique ou la drogue, dans les années 60 et 70, puis, dans les années 80, par le renoncement, la fin des idéologies. Mais, comme les soldats du film, ce n’était pas pour nous dérober, pour échapper aux responsabilités ; nous avons choisi la fuite comme moyen de protestation..." Traité sur le ton de la comédie, le film a pour leitmotiv : comment combattre l’ennemi si on ne le voit pas ou plutôt, si on ne le reconnaît pas? Les ennemis devenant tôt ou tard des alliés et viceversa. Salvatores a choisi de montrer l'absurdité de la guerre en l’opposant à un mode de vie simple et idyllique sur une île du Dodécanèse. La petite île de Kastellorizo, avec son hôtel unique, a d’abord accueilli l’équipe du film avec étonnement. Cantonnés dans des maisons de pêcheurs, vêtus de treillis, par plus de 50 degrés, les comédiens ont dû affronter des conditions de travail difficiles: "Je voulais que les acteurs éprouvent l’angoisse d’être isolés sur une île lointaine, qu’ils s’habituent progressivement à la chaleur, à la nourriture, à la mer. Je voulais qu’ils se détendent et qu’ils abandonnent leurs tenues militaires, tout comme leurs personnages... Et c’est exactement ce qui s’est passé...".
Source: http://www.abc-lefrance.com