Un projet de Pacs met à rude épreuve la coalition de Prodi

Publié le par Charlotte

Je suis d'accord pour protéger la famille traditionnelle, mais c'est quand même de la discrimination de refuser les droits les plus élémentaires aux couples homosexuels, non?


La fragile coalition au pouvoir en Italie est rudement mise à preuve par un projet de loi élargissant les droits des couples hétérosexuels non mariés et homosexuels, sur le modèle du Pacs français.

Le ministre de la Justice Clemente Mastella, un catholique pratiquant, a déclaré qu'il préfèrerait la chute du gouvernement à l'adoption d'une loi qu'il juge immorale. "Je m'en fiche si le gouvernement tombe, je ne vais pas voter pour cette loi", a-t-il dit au cours du week-end. "Les homosexuels peuvent acquérir de nouveaux droits mais je n'accepterai jamais l'idée qu'ils puissent être considérés comme formant une famille."

Un projet de loi préparé par deux ministres du gouvernement de Romano Prodi autoriserait les couples non mariés, quelle que soit leur orientation sexuelle, à se voir délivrer par les municipalités des certificats confirmant qu'ils forment un couple. Cela leur permettrait de bénéficier de certains droits en matière d'assurance, de retraites et de transfert de contrats de location et d'accéder à des listes d'attentes pour des logements sociaux ou des emplois dans la fonction publique.

Influence de l'église

Le texte introduirait dans le droit italien la notion de pacte civil de solidarité ou Pacs, comme on l'appelle en France. Il devra d'abord être examiné par le gouvernement, puis par le parlement.

La polémique autour de cette loi a pris de l'ampleur ce week-end, Mastella ayant eu un vif échange verbal avec Piero Fassino, chef du plus grand parti de la coalition, les Démocrates de gauche (DS).

La formation de Mastella, l'Udeur, est l'un des huit autres partis de la coalition plutôt hétéroclite de Prodi, qui a déjà connu des tensions internes liées au dossier des retraites et du déploiement de soldats italiens en Afghanistan.

Mastella, utilisant une expression plus fréquemment utilisée à droite qu'à gauche, a estimé que les membres de la coalition au pouvoir ne pouvaient tous être pris en otages par l'extrême gauche. Fassino a rétorqué à cela qu'il "n'est pas nécessaire d'être d'extrême gauche pour voir qu'une loi relève du bon sens".

Selon des analystes, ce dossier non dénué d'implications morales est l'un des plus difficiles dont se saisisse ce gouvernement de centre gauche, dans un pays où l'Eglise catholique demeure influente.

Mgr Giuseppe Betori, secrétaire général de la Conférence des évêques italiens, a mis en garde le gouvernement contre l'adoption d'une loi qui "déboulonnerait" la famille traditionnelle.

La plupart des membres de l'opposition de centre-droit emmenée par l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi sont hostiles à la reconnaissance légale des couples non mariés.

Reuters


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Publié dans Actualité

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