Le procès de Silvio Berlusconi renvoyé dès son ouverture
Le procès très attendu de Silvio Berlusconi, à peine ouvert lundi à Milan, a été renvoyé à la semaine prochaine. L'ancien président du Conseil italien, poursuivi pour falsification de comptes, détournement de fonds et fraude fiscale, n'était pas présent pour cette première audience écourtée.
Ce sont au total 12 personnes qui sont jugées devant le tribunal pénal de Milan pour cette affaire liée à l'achat de droits de diffusion pour des films américains par le groupe Mediaset, l'empire télévisuel propriété de la famille Berlusconi. Le procès a été renvoyé au 27 novembre.
Parmi les prévenus figurent, outre l'ancien chef du gouvernement, l'avocat britannique David Mills, qui n'était pas présent lui non plus à l'ouverture du procès, ainsi que le président du groupe Mediaset, Fedele Confalonieri. Tous nient avoir commis des malversations.
Les faits reprochés remontent à avant 1999, ce qui, pour cause de possible prescription, pourrait empêcher la procédure judiciaire de parvenir à son terme en cas d'appel et de cassation.
Les procureurs accusent Mediaset d'avoir acheté dans les années 90 les droits de diffusion télévisuelle de films américains via deux sociétés écrans "offshore" installées dans des paradis fiscaux. Ce montage financier aurait permis à l'empire Berlusconi de réduire ses bénéfices réalisés en Italie et de payer ainsi moins d'impôts.
Le procès a été renvoyé pour permettre à un cour d'appel de se prononcer sur une demande de récusation du juge Edoardo D'Avossa, président du tribunal, formulée par la défense. Les avocats de Berlusconi font valoir un possible conflit d'intérêts dans la mesure où ce juge est déjà intervenu dans d'autres affaires liées à Mediaset.
Il s'agit du premier procès pour Silvio Berlusconi depuis sa défaite aux élections législatives d'avril et son passage dans l'opposition. Dans le passé, l'homme le plus riche de la péninsule a eu de nombreux ennuis judiciaires liés à son empire médiatique, mais il s'en est toujours sorti, soit après acquittement par la justice, soit pour cause de prescription. Il a toujours clamé son innocence. Son avocat Niccolo Ghedini s'est dit convaincu que, cette fois encore, il sortirait blanchi de ce procès.
Pour sa part, l'avocat David Mills, qui s'est officiellement séparé en mars de son épouse, l'actuelle ministre britannique de la Culture Tessa Jowell, est accusé de faux témoignage pour avoir "omis" de dire à la justice italienne que les deux sociétés offshore impliquées dans l'achat des droits de films américains étaient liées à Berlusconi.
L'ancien président du Conseil est par ailleurs accusé, dans une affaire distincte, d'avoir versé en 1997 à Mills une somme d'au moins 600.000 dollars (500.000 euros) en échange du faux témoignage de l'avocat dans l'affaire Mediaset.