Les Bleus comme des champions
Deux mois après la finale de Coupe du monde perdue, la France a pris sa revanche en éliminatoire de l'Euro 2008.
Les Bleus se sont mis du baume au coeur et 6 pts dans la besace en surclassant 3-1 l'Italie championne du monde, au Stade de France. Dominatrice et conquérante, la France a maîtrisé totalement son sujet et évacué un peu de frustration, née du 9 juillet. Govou (doublé) et Henry ont marqué. Dans le même groupe, l'Ecosse et l'Ukraine se sont imposés.
L'Ecosse est allé battre la Lituanie 2-1. Quart de finaliste au Mondial, l'Ukraine a dû batailler pour se défaire de la Géorgie, victoire 3-2. Avec 6 points, l'Ecosse est en tête à égalité avec la France. Les Bleus joueront leur prochain match du groupe B à Glasgow le 7 octobre contre l'Ecosse.
Une victoire nette et sans bavure
Cinquante-neuf jours après la finale de la Coupe du monde, l’Italie et la France se retrouvaient pour une revanche en phase de qualification pour l’Euro 2008. Raymond Domenech ne trahissait pas sa réputation d’imprévisible en titularisant Sydney Govou à la place de Louis Saha et en adoptant par conséquent le 4-2-3-1 déjà utilisé en Allemagne. Les Bleus mettaient rapidement les vieux souvenirs au placard. Dès la deuxième minute, Govou, à la réception d'un centre de William Gallas, ouvrait la marque d'une reprise de volée parfaitement exécutée. Le Lyonnais n'avait plus été titulaire depuis le 12 octobre 2005 et un match éliminatoire pour le Mondial contre Chypre.
Un quart d'heure plus tard, Thierry Henry inscrivait son 37e but en 88 sélections. Une frappe surpuissante de Florent Malouda à 25 mètres était repoussée par Gianluigi Buffon vers le buteur d'Arsenal, qui ouvrait son pied droit pour doubler la mise. Son ballon était détourné par Cannavaro. Mais à la 20e, les Bleus confirmaient leurs faiblesses sur coup de pied arrêté. Alberto Gilardino n'avait aucun mal à tromper Grégory Coupet de la tête sur un coup franc d'Andrea Pirlo.
Le gardien de Lyon, au prix d'un étonnant réflexe, sauvait ensuite les siens de l'égalisation alors que Franco Semioli s'était jeté sur un centre d'Antonio Cassano. Abidal accrochait Semioli mais l'arbitre ne bronchait pas. Peu habitué aux ovations des supporters, Govou avait droit aux honneurs du stade de France onze minutes après la reprise. D'une tête puissante, il reprenait un centre de Willy Sagnol et marquait le troisième but français, fracassant au passage la tête du capitaine italien Fabio Cannavaro. Les deux hommes étant à moitié sonnés.
L'addition aurait pu être bien plus salée si des tentatives de Govou, encore lui, et de Ribéry, avaient trouvé l'autre côté du poteau de Buffon. A toute vitesse et avec maîtrise, les Bleus ont su étouffer un adversaire totalement méconnaissable avec un Patrick Viera et un Claude Makelele des grands soirs. A la vue de sa prestation, ça ne pouvait pas être son dernier match en Bleu... Pour la Squadra Azzurra les choses se compliquent sérieusement: l'équipe Championne du monde est avant dernière du groupe B avec 1 point ! La France, elle, peut voir l'avenir en rose avec un Franck Ribéry très prometteur au poste de meneur de jeu.
Réactions:
Raymond Domenech (sélectionneur de l'équipe de France): "Non, ce n'est pas parfait, j'espère qu'il y en aura de meilleurs, des matches. Il y a eu encore des temps morts, des coups de pied arrêtés, des situations où on a été en danger. Le match parfait, c'est celui où on marque à chaque attaque, mais on n'était pas loin ce soir. Mais ce n'était pas le meilleur, pendant la Coupe du monde, il y en a eu aussi. Mais on sent une équipe sereine, sûre d'elle. Il y a la maîtrise technique en plus. Tout le monde se sent bien, le jeu est fluide. Il y a un côté technique, plaisant, très accompli. Sidney Govou: sa prestation prouve que même en CFA, on arrive à avoir des joueurs biens. Non, je plaisante. Il était prêt, on sait comment il est préparé à Lyon, avec Robert Duverne. Il avait envie, l'équipe était au diapason".
Sidney Govou (attaquant de l'équipe de France, auteur de deux buts): "J'étais très heureux de débuter le match parce que je n'avais pas encore commencé ma saison avec Lyon. J'ai fait seulement un match en CFA. Donc là j'étais très heureux de débuter ce match et après j'avais envie vraiment de prouver que, même si je n'avais pas encore fait de match, j'étais bien physiquement et j'étais largement au niveau."
Roberto Donadoni (sélectionneur de l'Italie): "On a subi, on a connu des difficultés. Les Français étaient avantagés, ils étaient devant leur public. Il y a eu des fautes d'attention dans notre camp. La condition physique... c'est normal qu'on ait des problèmes à ce moment de la saison. Mais à 2-1, on a eu des occasions, on aurait pu revenir. Le problème, c'est qu'en face, il y avait des joueurs très expérimentés. On est à cinq points des Français, mais il y a encore une possibilité de revenir, la phase de qualification n'est pas encore terminée. Il faut rester optimiste."
Patrick Vieira (capitaine de l'équipe de France): "C'est un super match. On a très bien commencé et le premier but de Sidney nous a libérés. Le problème c'est que les Italiens ont continué de croire en eux. Heureusement, on est dans la continuité de la Coupe du monde, maintenant l'essentiel c'est qu'on a mis les Italiens à cinq points derrière. On est vraiment solides. Surtout, on est sur les mêmes bases que la Coupe du monde. Une victoire particulière? Je ne vais pas dire que non. Mais il ne s'agissait pas de revanche, ils ont gagné la Coupe du monde, ils ont gagné le jour J, c'est comme ça. Mais c'est vrai que de gagner ce soir, ça nous laisse un petit goût amer."
source : France 2