Les polices italienne et polonaise démantèlent une filière de travail forcé
Les polices italienne et polonaise ont annoncé mardi le démantèlement d'une filière de travail forcé et l'arrestation de 25 personnes dans les deux pays. Des ouvriers agricoles, recrutés en Pologne, étaient envoyés en Italie où ils étaient littéralement réduits en esclavage.
Les suspects arrêtés, au terme d'une enquête de six mois, sont poursuivis pour trafic d'êtres humains et privation de liberté, ont expliqué le chef de la police polonaise Marek Bienkowski et le procureur de Bari (sud) Lorenzo Lerario.
Les malfrats, a précisé M. Bienkowski, passaient des annonces en Pologne dans la presse locale, promettant du travail dans des exploitations agricoles italiennes, la cueillette de fruits et légumes, pour cinq à six euros de l'heure.
Une fois sur place, dans la région de Bari, les ouvriers étaient parqués dans des baraquements aux conditions d'hygiène déplorables, surveillés par des gardes sanctionnant toute plainte ou tentative de fuite par des passages à tabac. Trois Polonais, deux Ukrainiens et un Algérien, se faisant appeler "kapos", surveillaient ces "camps de travail" où la police a libéré mardi matin une centaine de Polonais.
Les ouvriers, payés seulement un euro de l'heure, devaient en outre payer pour la nourriture et l'hébergement, les contraignant à s'endetter. "Quelques uns des travailleurs se sont suicidés", a expliqué Marek Bienkowski, qui a également fait état de cas de viols et prostitution forcée.
source : Nouvel Observateur