Taxis, pharmaciens et avocats contre la libéralisation
Le gouvernement Prodi doit revoir son texte sur les services
Devant le bras de fer des corporations, le gouvernement de Romano Prodi se trouve contraint de moduler le décret-loi sur la libéralisation des services, écrit en une nuit et adopté le 30 juin en Conseil des ministres.
Taxis, avocats et pharmaciens sont sur le pied de guerre. Les taxis s'opposent au cumul des licences pour augmenter le nombre de voitures en service. Ils craignent une dévaluation de la licence qu'ils payent en moyenne plus de 100 000 euros. Même une proposition modérée visant à limiter à deux par taxi le nombre de ces licences continue d'être rejetée. Les chauffeurs ont manifesté en fin de semaine dans toutes les grandes villes (Rome, Milan, Naples, Gênes) et ont lancé des grèves sauvages. Ils menacent d'étendre leur mouvement. Le ministre de l'Intérieur Giuliano Amato a donné des consignes aux préfets pour interdire tout barrage tandis que le gouvernement envisage d'octroyer des licences temporaires.
De leur côté, les pharmaciens se préparent à faire grève contre l'autorisation de vendre des médicaments génériques dans les supermarchés. Quant aux avocats, ils désertent les cours de justice pendant dix jours pour protester contre l'abandon des tarifs minimums. Ils ont annoncé un recours devant la Cour européenne de justice.
Transactions immobilières
Le cas le plus emblématique concerne les transactions immobilières. Le vice-ministre de l'Économie Vincenzo Visco avait imposé l'abandon de la TVA (difficile à percevoir) pour un impôt fondé sur la valeur cadastrale du bien. Décision accompagnée d'une rétroactivité sur cinq ans. Le gouvernement en attendait 1,8 milliard d'euros. Les professionnels ont cependant calculé que cette norme ponctionnerait le secteur de 28 à 30 milliards d'euros. De quoi mettre en faillite bon nombre d'opérateurs et de provoquer le départ des étrangers, pour la plupart de gros fonds d'investissements. En Bourse, les titres du secteur se sont effondrés. Vincenzo Visco qui voulait frapper la spéculation a dû promettre de modifier le décret « sur la base de nouvelles informations » pour tenir compte des doléances des associations professionnelles.