Romano Prodi fragilisé au Sénat, première crise pour la gauche
La très courte majorité de la gauche italienne au Sénat pourrait être amoindrie mercredi avec la perte d'un de ses membres, menacé d'exclusion de son parti pour avoir été élu à la présidence de la Commission Défense avec les voix de la droite.
Sergio De Gregorio, sénateur du parti "Italie des valeurs" (IDV) dirigé par le ministre des Infrastructures Antonio Di Pietro, a enlevé cette présidence très convoitée avec 13 votes, dont le sien et ceux des sénateurs de la droite, contre 11 pour la candidate désignée par l'Union de la gauche, Lidia Menapace, une militante pacifiste membre du parti de Refondation communiste (PRC).
L'affaire a déclenché un tollé de protestations au sein des partis de la coalition de la gauche qui ont condamné un "comportement incorrect". Antonio Di Pietro a demandé au sénateur De Gregorio de démissionner de sa nouvelle présidence. "La règle du parti et de la coalition lui imposait de voter pour la candidate de l'Union. Il doit donc se démettre de la présidence de la Commission Défense, qui, compte tenu du vote, fait de lui un président élu par la droite", a affirmé Antonio Di Pietro. "M. De Gregorio s'est mis hors du groupe des élus de l'Italie des valeurs et probablement de l'Union s'il ne démissionne pas", a pour sa part averti le sénateur Nello Formisano, chef du parti IDV à la chambre haute du Parlement. Le parti IDV compte 4 sénateurs.
L'Union de la gauche a obtenu une très courte majorité au Sénat avec 158 élus sur 315 contre 156 à la droite et un indépendant et le gouvernement dirigé par Romano Prodi doit compter sur l'appui des votes des sept sénateurs à vie. "Au Sénat, Prodi a une majorité aléatoire, menacée par les ennuis de santé, les incidents de parcours et les inévitables dissensions", souligne le politologue Sergio Romano. Le sénateur indépendant Luigi Pallaro, un des élus des Italiens de l'étranger, a donné un aperçu des difficultés qui attendent M. Prodi en donnant son vote à la droite pour permettre l'élection du sénateur de Forza Italia, Aldo Scarabosio, à la présidence de la commission de l'Industrie. "C'est bien de répartir les postes, un peu d'un côté, un peu de l'autre", a expliqué le sénateur âgé de 82 ans.
source : Wanadoo