La gauche italienne progresse aux municipales
Quelques jours à peine après la formation de leur gouvernement, les italiens étaient appelés aux urnes pour élire leurs maires et présidents de région. Les premiers résultats font apparaître une progression de la gauche. Un nouvel échec pour Berlusconi, qui comptait sur ces élections pour contester le gouvernement Prodi.
Les bureaux de vote viennent de fermer en Italie après deux jours d’élections municipales marquées par une abstention en hausse. Dimanche soir, on comptait 15% d’électeurs en moins par rapport aux législatives du 9 avril dernier, avec à peine 52% de votants. Les enjeux locaux dominaient se scrutin, qui concerne 1. 267 communes, ainsi que 8 provinces.
A quelques jours seulement de la formation du gouvernement Prodi, au terme d’élections législatives marquées par un climat de combat entre gauche et droite et par une victoire à l’arraché de la coalition de centre-gauche, ces municipales étaient un test. «Pour le gouvernement de Romano Prodi, il s'agit du premier test de confiance, qui dira si leur victoire était seulement un coup de chance ou si elle était méritée», expliquait ce week-end James Walston, professeur à l'université américaine de Rome. A en croire les sondages, il semble que ce test soit en passe d’être réussi.
Les premières enquêtes sorties des urnes indiquent un maintien de la gauche dans plusieurs grandes villes. A Rome, le maire sortant, Walter Vetroni, démocrate de gauche, obtient 58% contre 40% pour son rival. A Turin, l’écart est également très fort : le maire sortant, également de gauche, Sergio Chiamparino, obtiendrait 60% des suffrages contre 38% pour l’ancien ministre Rocco Buttiglione.
A Milan, fief de Silvio Berlusconi, qui n’était pas candidat mais s’est beaucoup impliqué dans la campagne, la partie est plus disputée. Letizia Moratti, ministre de l’éducation du gouvernement sortant et candidate de centre-droit, soutenue par le « Cavaliere » déchu, obtiendrait entre 49 et 51%, contre 48 à 50% pour son adversaire de gauche, Bruno Ferrante. On se dirigerait donc, à la surprise générale, vers un second tour de scrutin dans cette municipalité traditionnellement ancrée à droite. Lors des dernières municipales, en 2001, le candidat présenté par Forza Italia avait été élu dés le premier tour, avec 57,5% des suffrages.
A Naples, le maire sortant Rosa Russo Iervolino obtiendrait entre 49 et 52% des votes, contre 40 à 43% des voix pour son rival de droite Franco Malvano. On se dirigerait donc là aussi vers un second tour.
La Sicile, où des élections régionales avaient également lieu, échappe à la tendance générale : Salvatore Cuffaro, de centre-droit, conserverait la présidence de la région avec 51,7% des voix contre 43% pour son adversaire.
source : Le Figaro