Berlusconi cherche sa revanche aux municipales

Publié le par Charlotte

Contraint de céder le pouvoir après sa défaite aux législatives des 9 et 10 avril, Silvio Berlusconi veut prendre sa revanche lors des élections municipales dimanche et lundi avec la conquête de Rome, Naples, Milan et Turin, les quatre métropoles en jeu.

L'ancien chef du gouvernement a fait campagne sans relâche au cours des derniers jours, multipliant les apparitions de Turin à Naples en soutien aux candidats de la droite.

Mais il s'est focalisé sur la grande cité du sud, considérée comme prenable à la gauche. "Une victoire à Naples aurait une valeur politique sur le plan national", a-t-il affirmé jeudi.

"Dimanche, nous donnerons un avis d'expulsion à Prodi", a renchéri un autre dirigeant de la droite, Pier Ferdinando Casini, chef de l'Union des démocrates chrétiens et du centre (Udc).

Près de 20 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche et lundi pour élire les maires de 1.267 communes, les administrations de huit provinces (Mantoue, Pavie, Trevise, Imperia, Ravenne, Lucques, Campobasso et Reggio Calabria) et la présidence de la région Sicile. Un second tour de scrutin est prévu les 11 et 12 juin pour les municipales en cas de ballottages.

Cette nouvelle vague d'élections va mettre un terme à une interminable campagne électorale commencée en 2003 pour des élections locales, début d'un cycle de défaites pour la droite au pouvoir avec la perte de la province de Rome.

Silvio Berlusconi est convaincu que le temps des revers est terminé. Il a démontré sa capacité à mobiliser les électeurs de son mouvement, Forza Italia, pour les législatives et pense toujours que la victoire lui a été volée par la gauche le 10 avril.

Elu député à Milan, sa ville natale où il brigue un siège de conseiller municipal, il a surtout fait campagne à Naples où il brigue aussi un poste de conseiller municipal, une démarche qui a laissé les électeurs perplexes. "Je dois choisir et comme je suis le chef de l'opposition, mes candidatures sont symboliques. Mais en cas de victoire, je promets aux maires de Milan et de Naples de me mettre à leur service comme consultant à titre gratuit", s'est-il expliqué lundi. "Gagner à Naples sera pour nous une énorme revanche et c'est pourquoi je me suis engagé personnellement", a-t-il souligné.

Compositeur de chansonnettes à ses moments perdus, M. Berlusconi a fait envoyer aux Napolitains un disque de ses créations pour les "dédommager d'avoir dû subir pendant toutes ces années la voix de la Iervolino", en référence à la voix haut perchée de l'actuelle maire de Naples, Rosa Russo Iervolino.

Rome et Turin sont également gérées par la gauche, mais les chances des candidats de la droite sont minces, soulignent les politologues.

Figure de la gauche intellectuelle, le maire de Rome Walter Veltroni, hospitalisé mercredi pour des coliques néphrétiques, est défié par l'ancien ministre de l'Agriculture Gianni Alemano, membre de la direction de l'Alliance nationale (droite).

A Turin, la riche cité industrielle du nord, berceau du groupe Fiat, Sergio Chiamparino (Démocrates de gauche) affronte un "parachuté", l'ancien ministre de la Culture Rocco Buttiglione, originaire des Pouilles (sud).

La gauche pense pouvoir conserver ces deux bastions et rêve d'enlever Milan à la droite. Le maire sortant, Gabriele Albertini, membre de Forza Italia, ne se représente pas et Silvio Berlusconi soutient son ancien ministre de l'Education, Letizia Moratti, épouse d'un richissime industriel du pétrole et représentante de la grande bourgeoisie milanaise. Elle affrontera l'ancien préfet de la ville Bruno Ferrante.

source : AFP

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Publié dans Actualité

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