Romano Prodi obtient la confiance du Sénat italien
Le vote était crucial et non sans quelques incertitudes. Mais malgré une majorité théorique de seulement deux voix d'avance, le nouveau gouvernement italien de Romano Prodi a remporté, vendredi 19 mai au Sénat, par 165 voix contre 155 son premier vote de confiance de la législature. Une victoire mitigée puisque, même avec le soutien unanime de l'Unione, qui dispose de 158 voix à la Chambre, M. Prodi n'a réussi à l'emporter que grâce aux votes des sept sénateurs à vie indépendants, un appui sans lequel il n'aurait pu espérer gouverner le pays.
"Ça ne pouvait pas aller mieux que ça", s'est réjoui M. Prodi à l'annonce du résultat. Pourtant, la nécessité de devoir s'appuyer, à chaque vote, sur ces sept sénateurs s'annonce pesante pour le chef de la fragile majorité de gauche.
Cinq sénateurs alliés de L'Italie des valeurs (IDV), le parti de l'ex-magistrat Antonio Di Pietro, avaient déjà jeté le trouble jeudi soir, menaçant de ne pas voter la confiance. Accusé d'avoir trahi ses promesses en ne nommant pas un ministre de plein exercice pour représenter les Italiens de l'étranger, le chef du gouvernement a rencontré in extremis, vendredi matin, ses détracteurs qui ont finalement retiré leur menace."Nous ne pouvons pas assumer devant le pays la responsabilité de bloquer le gouvernement Prodi dès sa naissance", a expliqué vendredi un des sénateurs de l'IDV, Fabio Giambrone.
Des appels mollement applaudis
Le combat du chef du gouvernement italien n'est pas terminé. Il doit maintenant obtenir la confiance à la Chambre des députés. Ce test, prévu mardi prochain, s'annonce malgré tout comme une formalité : le système de la prime au vainqueur a attribué automatiquement à la coalition arrivée en tête aux élections d'avril une confortable majorité de plusieurs dizaines de députés.
Reste que le discours-programme de l'ancien président de la Commission européenne appelant à "donner une secousse à l'Italie" n'a pas galvanisé, jeudi, les énergies de son camp. Les appels aux sacrifices, à l'austérité et à la réduction des dépenses publiques n'ont été que mollement applaudis par l'Unione, qui regroupe douze formations de gauche et dont le ciment principal dans l'opposition a été l'anti-berlusconisme.
"La leçon" inaugurale du "professeur" Prodi "n'a suscité sur les bancs de la majorité que des applaudissements de circonstance", écrivait sévèrement vendredi La Stampa. Si le soutien unanime, mardi, de l'Unione à son chef semble être une certitude, il n'en est rien quant aux cinq années de gouvernement à venir.
source : Le Monde