Le premier tour de vote n'a pas permis de désigner un nouveau président de la République
Le premier tour de scrutin visant à désigner le président de la République italienne s'est logiquement conclu par un échec. L'opposition menée par Silvio Berlusconi n'est pas parvenue à se mettre d'accord avec l'Unione de centre-gauche sur le nom du candidat. Faute de consensus droite-gauche, aucun candidat n'est parvenu à rassembler la majorité des deux tiers requise aux trois premiers tours.
"Nous devons procéder à un deuxième tour", a déclaré Fausto Bertinotti, président de la Chambre des députés. Les "grands électeurs" (1 010 députés, sénateurs et représentants des régions) seront donc à nouveau convoqués mardi, et le processus de désignation pourrait durer jusqu'au lendemain, à moins qu'un accord ne survienne avant.
Si la fonction présidentielle confère à son détenteur des prérogatives constitutionnelles très limitées, la désignation du successeur de Carlo Azeglio Ciampi, dont le mandat expire le 18 mai, n'est pas pour autant dénuée d'enjeux. M. Prodi ne pourra effectivement constituer son gouvernement qu'après avoir été mandaté par le prochain président pour le faire.
Peu de temps avant l'ouverture du scrutin, Silvio Berlusconi a fait savoir que les membres de son alliance de centre-droite voteraient pour Gianni Letta, son plus proche collaborateur, ne laissant aucune chance à Giorgio Napolitano, sénateur Démocrates de gauche, âgé de 80 ans, candidat de la coalition Prodi.
Le scrutin cristallise l'affrontemeny entre les deux blocs
Impuissante, l'Unione, qui ne dispose que d'une courte majorité, a appelé ses grands électeurs à ne rien inscrire sur leurs bulletins de vote. Ainsi, Gianni Letta n'a récolté que 369 voix contre 674 nécessaires, tandis que 438 bulletins blancs ont été dénombrés. La stratégie du vote blanc permettant, selon M. Prodi, de rendre possible un rapprochement gauche-droite, aux deuxième et troisième tours, prévus mardi. Interrogé, M. Berlusconi a rejeté cette éventualité : "je ne crois pas que cela soit possible", a-t-il tranché. Par ailleurs, de nombreux bulletins arboraient le nom de célèbres détenus, de vedettes de la chanson ou encore le nom du président du conseil sortant, Silvio Berlusconi.
Au quatrième tour, prévu mercredi, la majorité simple (506 voix) suffit, ce qui devrait laisser le champ libre au candidat de Romano Prodi. Reste qu'une telle issue ne manquerait pas de radicaliser durablement l'affrontement entre les deux blocs, perspective d'autant plus redoutable pour le futur président du conseil que sa coalition semble fragile.
On ignore par ailleurs si M. Prodi maintiendra la candidature de Giorgio Napolitano. Les Démocrates de gauche, déterminés à obtenir la présidence après avoir laissé échapper les perchoirs des deux assemblées, ont d'abord déclaré la candidature de leur chef de file, Massimo D'Alema, que Silvio Berlusconi avait jugée "indécente". Certains observateurs n'excluent pas, cependant, que M. Prodi ressorte M. D'Alema dès lors que le scrutin se jouera à la majorité simple. La Maison des libertés de M. Berlusconi a, quant à elle, avancé les noms de quatre personnalités qu'elle juge acceptables. Il s'agit de Giuliano Amato et Lamberto Dini, deux anciens présidents du conseil, de l'ancien commissaire européen Mario Monti et de Franco Marini, président du Sénat.
source : Le Monde