Le Vatican ne diabolise plus le préservatif

Publié le par Marco

Le Vatican s’apprête à rendre public un document tolérant l’usage du préservatif pour les personnes déjà contaminées par le virus du sida ou une autre maladie infectieuse. Ce serait une levée partielle d’un tabou qui suscite depuis longtemps le tollé de l’opinion, notamment des médecins et scientifiques confrontés à la pandémie. C’est le cardinal Javier Lozano Barragan, “ministre de la santé” du pape qui, dans un entretien donné dimanche 23 avril au quotidien La Repubblica, a confirmé que, sur ordre de Benoît XVI, des “travaux approfondis” entre scientifiques et théologiens étaient en cours.

Depuis l’encyclique Humanae vitae du pape Paul VI, publiée en 1968, le préservatif fait partie des moyens non naturels de contraception que l’Eglise condamne, car, selon elle, ils font obstacle au développement de la vie humaine, potentiellement contenue dans toute relation sexuelle. Prisonnière de cette conception intransigeante, l’Eglise n’a jamais admis l’usage du préservatif, y compris quand celui-ci est apparu comme le moyen privilégié de prévention contre le virus du sida.

Un pape comme Jean Paul II n’a jamais condamné de façon explicite son utilisation, mais a toujours défendu l’idée que l’”unique moyen” de combattre l’épidémie de manière efficace était la fidélité dans la relation conjugale, l’abstinence ou la chasteté. Il s’en est suivi des procès contre l’Eglise, accusée de non-assistance à personne en danger.

Depuis longtemps, des personnalités catholiques de premier plan souhaitent à voix haute que cette position soit assouplie. La dernière est le cardinal Carlo-Maria Martini, ancien archevêque de Milan, porte-parole du courant réformateur et libéral du conclave d’avril 2005 qui a élu Benoît XVI.

Agé et souffrant, le cardinal Martini, 79 ans, n’avait pas fait acte de candidature, mais avait recueilli des voix, avant de se rallier à l’élection du cardinal Joseph Ratzinger. Il avait alors exprimé le souhait que l’Eglise amende en partie son enseignement d’éthique sexuelle incompris de l’époque moderne.

Un an plus tard, il s’est rappelé au bon souvenir du nouveau pape sous la forme d’un entretien avec un scientifique italien, Ignazio Marino, publié dans l’hebdomadaire L’Espresso.

Les deux hommes y débattent des “cas limites” posés à la morale chrétienne, et le cardinal Martini y affirme qu’il faut “tout faire pour contrer le sida”, et que “l’usage du préservatif peut certainement constituer, dans certaines situations, un moindre mal”. Il évoque la situation des couples dans laquelle un des conjoints est atteint par le virus : ce dernier est alors “obligé de protéger l’autre partenaire, qui doit lui-même pouvoir se protéger”.

source:  L'Express

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