Arrestation de l'homme d'affaires qui voulait racheter le "Corriere della Sera"

Publié le par Charlotte

L'homme d'affaires italien Stefano Ricucci, qui s'était lancé en 2005, sans succès, à l'assaut du groupe de presse RCS Mediagroup (éditeur notamment du Corriere della Sera, premier quotidien du pays) a été arrêté mardi 18 avril à Rome. Le transalpin, visé depuis l'été 2005 par une enquête pour manipulation de cours de Bourse et faux en écriture, était suspecté de continuer à spéculer sur le titre RCS et de tenter de détruire les preuves à sa charge.

Selon les enquêteurs, M. Ricucci a tenté récemment, et à plusieurs reprises, de liquider ses parts dans RCS au meilleur prix - alors même que les dirigeants qui tentent de sauver son groupe, la société Magiste, mènent des négociations officielles. Trois autres personnes, dont un sous-officier de la brigade financière de la Guardia di Finanza, ont également été arrêtées. Elles sont accusées d'informer M. Ricucci de l'état des enquêtes.

Au printemps 2005, ce dernier était devenu en quelques semaines l'un des protagonistes de la finance italienne. Il fit partie du clan qui tenta - y compris par des moyens illicites - de défendre l'"italianité" des banques BNL et Antonveneta. Surtout, partant d'une hypothétique fortune amassée dans l'immobilier - un patrimoine qui semble aujourd'hui largement factice - M. Ricucci avait, en quelques mois, acquis 21 % du capital de RCS Mediagroup, devenant le premier actionnaire de l'éditeur du Corriere. Son ambition était d'arriver à 29 %, de lancer une offre publique d'achat (OPA) et démonter le pacte d'actionnaires qui contrôlait plus de 58 % du capital de RCS.

Le vent commence à tourner à la fin de l'été lorsque, au contraire, ledit pacte d'actionnaires se renforce. M. Ricucci, qui ne trouve pas d'acheteurs pour ses parts, perd son pari. La justice fera le reste. Gianpiero Fiorani, patron de la Banca Popolare Italiana (BPI) et principal bailleur de fonds de Stefano Ricucci, est arrêté en décembre 2005. Ce dernier se retrouve alors privé de ses appuis et de ses crédits - il doit encore 700 millions d'euros à la BPI. Depuis l'automne, Magiste est aux mains d'une équipe de comptables et d'avocats qui tentent d'éviter la faillite, en négociant notamment avec la nouvelle direction de la BPI.

La fulgurante carrière de Stefano Ricucci pourrait donc se terminer aussi rapidement qu'elle avait commencé.

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Publié dans Actualité

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