Paiement de rançons en Irak?

Publié le par Charlotte

L'Italie a toujours démenti avoir versé des rançons pour obtenir la libération de ses ressortissants pris en otage en Irak.

Lundi 30 janvier, Gianfranco Fini, numéro deux du gouvernement de Silvio Berlusconi et ministre des affaires étrangères, a dû s'y employer à nouveau après la publication, le matin même, par le quotidien La Repubblica, d'un rapport confidentiel du département des opérations spéciales des carabiniers (ROS). Selon ce document, adressé par les ROS au parquet de Rome, le gouvernement italien aurait payé à l'occasion de chacun des enlèvements.

Pour Giuliana Sgrena, la journaliste du quotidien de gauche Il Manifesto libérée en mars 2005, un comparse des ravisseurs aurait parlé aux enquêteurs irakiens du versement d'une "somme considérable".

Le rapport est plus précis pour la libération, en septembre 2004, des deux humanitaires Simona Torretta et Simona Pari. Un montant de "5 millions de dollars" serait évoqué dans une conversation enregistrée entre un collaborateur irakien de la Croix-Rouge italienne (CRI) et un religieux sunnite nommé Abdel Salam Al-Kubaissi. Cet homme, membre du Comité des oulémas, a été l'intermédiaire des négociateurs italiens dans chaque affaire. Mais, écrivent les carabiniers, il aurait "certainement joué un rôle non secondaire" dans les enlèvements eux-mêmes.

"Accusations tendancieuses"

Sa responsabilité est citée pour la mort de Fabrizio Quattrocchi, un des quatre gardes du corps enlevés en avril 2004 ; puis du journaliste indépendant Enzo Baldoni, tué l'été suivant ; enfin de la Britannique Margaret Hassan. Les auteurs du rapport estiment que, grâce à la collaboration du responsable de la mosquée sunnite Al-Kastal de Bagdad, M. Al-Kubaissi aurait attiré "dans un même piège" et "selon les mêmes modalités" les journalistes Giuliana Sgrena et Florence Aubenas.

"Il s'agit d'accusations tendancieuses qui visent à monter l'opinion publique mondiale contre le Conseil des oulémas musulmans en déformant son image à travers les médias", a protesté le porte-parole des oulémas, mardi 31 janvier, à Bagdad.

Des sources proches du département des opérations spéciales des carabiniers, citées par l'agence italienne Ansa, ont précisé que l'enquête avançait avec "des hypothèses qu'il appartient à la justice de passer au crible".

Pour l'ancien président de la République, Francesco Cossiga, ce rapport ne serait que "l'instrument de vilains jeux de pouvoir" de la part de la haute hiérarchie militaire, dans le but de prendre le contrôle total des services de renseignement (Sismi) qui ont participé aux médiations en Irak.

source : Le Monde

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