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La vie est devenue plus difficile en Italie pour les paparazzi, ces photographes spécialisés dans la chasse aux célébrités: la législation les menace désormais de prison en cas de publication de clichés ou informations violant la vie privée.
Au fil des années, la chasse s'est transformée en traque. La justice italienne a récemment démantelé un réseau de paparazzi qui faisaient chanter acteurs, joueurs de football, hommes politiques, starlettes, sportifs et personnalités diverses. Vendredi, l'autorité régulant les atteintes à la vie privée a interdit la publication d'informations sur des "faits et comportements privés qui ne sont pas d'intérêt public, ni pertinents dans le cadre de l'article" et violent l'intimité des personnes concernées, en particulier leur vie sentimentale et sexuelle. Les contrevenants sont passibles de peines allant jusqu'à deux ans de prison, assorties d'amendes. Le photographe au centre de l'enquête qui a motivé le durcissement de la législation a été arrêté lundi dernier avec deux complices présumés. Les trois hommes sont soupçonnés d'extorsion de fonds et blanchiment d'argent. L'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, selon la presse italienne, a lui aussi été victime de chantage, portant sur une photo de sa fille. Et le nom d'un des plus proches collaborateurs de l'actuel chef de gouvernement Romano Prodi a été mentionné lors d'une conversation entre deux photographes, placés sur écoutes. "La vie privée est sacrée, mais seulement celle des hommes politiques", a ironisé "Il Giornale", quotidien de centre-droit propriété du frère de Berlusconi. A gauche, le sénateur Cesare Salvi redoute lui aussi qu'il y ait deux poids, deux mesures. "Le risque maintenant est que cette mesure soit interprétée comme une persécution des journalistes. Tant qu'il s'agissait de joueurs de foot ou de starlettes, personne ne faisait attention. Maintenant que ça concerne des hommes politiques, les choses changent". Jusqu'à présent, la presse était censée se conformer à un code de bonne conduite, soulignant la nécessité de respecter la vie privée. Mais dans les faits, les journaux sont remplis de transcriptions d'écoutes téléphoniques, pour des affaires diverses, notamment à caractère sexuel. Le dernier scandale en date a incité l'Autorité de régulation à sévir et décréter "une véritable interdiction", a expliqué vendredi son président, Francesco Pizzetti dans une tribune au quotidien "Il Messaggero". Pour Michele Sorice, professeur de sociologie à l'université romaine La Sapienza, "cette mesure va dans la bonne direction d'une meilleure protection des citoyens". Mais, estime-t-il, il "serait préférable que les médias puissent se réguler eux-mêmes". AP |














Le mot "paparazzi" est né du film 






